
Les élections
du 21 décembre convoquées par le gouvernement de Mariano Rajoy étaient censées
clore la séquence récente d’un bras de fer entre la Catalogne et l’État
espagnol, entre velléités « séparatistes » et
« unionistes ». Or, elles ont été organisées dans un contexte de
tensions exacerbées suite au « coup d’État constitutionnel »
d’octobre dernier, avec des responsables politiques et associatifs emprisonné-e-s,
d’autres poursuivi-e-s ou en exil à Bruxelles, à l’image du président destitué
de la Catalogne, Carles Puigdemont, et des procédures judiciaires à l’encontre
de centaines d’élu-e-s et de militant-e-s. La phase du processus
d’autodétermination de juin à décembre aura été trop intense pour qu’elle
s’interrompe après ces élections et les résultats le confirment. En effet, le
mouvement est trop enraciné pour qu’il s’évanouisse à l’issue d’une campagne
électorale surréaliste et qui s’est déroulée dans des conditions délétères.
Avant d’analyser les résultats, revenons sur les principaux moments de cette dernière
période.