M. Colloghan
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lundi 5 mars 2018

Solidarité Catalogne le 7 mars à Paris avec Sergi Lòpez




L'article 155 est toujours en vigueur et la Catalogne, sous tutelle de Madrid.


Des prisonniers politiques sont toujours enfermés, loin de leur région. L’ancien président Puigdemont et plusieurs de ses ministres sont toujours en exil à Bruxelles, sous le coup d’un mandat d‘arrêt international. L’ancienne députée de la CUP Anna Gabriel, accusée aussi de sédition et risquant trente ans de prison, s’est réfugiée en Suisse… Sans oublier les attaques quotidiennes contre la liberté d’expression en Catalogne (et ailleurs dans l’Etat espagnol, le rappeur Voltanyk a écopé de trois et demi de prison pour une chanson antimonarchique jugée séditieuse) ; la télé catalane, TV3, subit la censure ; les associations culturelles et sportives soupçonnées de catalanisme sont financièrement étouffées ; Rajoy menace de s’en prendre à l’apprentissage du catalan à l’école ; des manifestants réclamant la libération des prisonniers politiques ont été brutalement arrêtés cette semaine…


mardi 13 février 2018

Catalogne : Bref historique du catalanisme (2)


Lluis Companys

Nous publions à la suite les articles de Richard Neuville rédigés pour le dossier "Catalogne : La question nationale - Autodétermination et auto-organisation" d'Ensemble !
 
Doté d’institutions propres et d’usatges dès le XIIIe siècle, le peuple catalan s’est forgé une culture à partir d’événements historiques, constitutifs d’un imaginaire collectif construit le plus souvent en opposition au pouvoir castillan et ce dès la fin du XVe siècle (union contre-nature entre les couronnes de Castille et d’Aragon en 1469). Parmi les principaux événements, il y eut la guerra dels segadors (des moissonneurs), soulèvement paysan soutenu par la bourgeoisie, déclenché contre l’enrôlement dans l’armée du roi espagnol Philippe IV pour combattre les forces de Louis XIII en 1640 pendant la guerre de Trente Ans. Une chanson populaire de cette époque inspirera plus tard l'hymne officiel catalan, Els Segadors. Il y eut le 11 septembre 1714, date de la fin de la guerre de succession d'Espagne, qui se traduisit par la prise de Barcelone par les troupes franco-espagnoles. Cette défaite fut à l'origine de la fête nationale en Catalogne, la Diada nacional de Catalunya. Philippe V abolit les lois et les institutions catalanes et celles des territoires de l’ancienne couronne d’Aragon. Le pays fut désormais régi par les lois absolutistes de Castille. Ce fut le début de l’unité territoriale et politique espagnole. La langue catalane fut interdite pour les actes officiels et judiciaires et dans l’enseignement.

Catalogne : L’ère du « pujolisme » (1980-2003) (3)



Nous publions la suite des articles de Richard Neuville rédigés pour le dossier "Catalogne : La question nationale - Autodétermination et auto-organisation" d'Ensemble !

La période dite de la « transition démocratique » déboucha sur un compromis qui permit l’adoption de la réforme politique impulsée par Adolfo Suárez, président du gouvernement espagnol (1976-1981). La reconnaissance du statut de « nationalité historique » pour la Catalogne et la ratification d´un nouveau statut d´autonomie dès 1979 facilita le ralliement des partis catalans au nouveau cadre démocratique. Pour autant, des divergences apparurent rapidement entre les partis nationaux dominants et les partis catalanistes et nationalistes. Perçue par les partis nationaux comme un socle fondateur et immuable, la Constitution de 1978 fut critiquée par les partis nationalistes catalans pour ses ambigüités et ses limites et notamment le rejet du droit à l’autodétermination. La Catalogne, au même titre trois que les autres « nationalités historiques » (Pays basque et Galice), n’obtint pas un statut de « nation » politique et le catalan ne devint pas la langue « officielle » mais seulement reconnue comme « co-officielle ». La notion d’indépendantisme fut globalement absente du paysage politique catalaniste et catalan pendant toute la transition démocratique.


Catalogne : Les gouvernements « tripartites » et le nouveau statut d’autonomie (2003-2010) (4)



Nous publions la suite des articles de Richard Neuville rédigés pour le dossier "Catalogne : La question nationale - Autodétermination et auto-organisation" d'Ensemble !
 
Après vingt-trois ans de domination de la coalition nationaliste modérée (Convergència i Unió, 1978-2015) au sein de la Communauté autonome de Catalogne sous le leadership de Jordi Pujol (1980-2003), la formation fut devancée par le Partit dels socialistes de Catalunya (PSC-PSOE) lors des élections autonomes de novembre 2003. Un gouvernement « tripartite » de gauche, composé par le PSC, Iniciativa per Catalunya-Els Verds / Esquerra unida i Alternativa (IC-V/EUiA) et Esquerra republicana de Catalunya (ERC) accéda à la Generalitat avec comme président Pasqual Maragall (ancien maire de Barcelone, 1982-1997). Les formations conclurent un accord de gouvernement, le pacte de Tinell sur un fonctionnement plus démocratique et la révision du statut d’autonomie de 1979. Dès 2004, le gouvernement impulsa une nouvelle Diada, la mobilisation populaire remplaça la marche militaire.

lundi 12 février 2018

Catalogne : Le « procés » (2010-2017) (5)



Nous publions la suite des articles de Richard Neuville rédigés pour le dossier "Catalogne : La question nationale - Autodétermination et auto-organisation" d'Ensemble !

Après la manifestation du 10 juillet 2010 contre la décision du Tribunal constitutionnel, les mobilisations citoyennes allèrent crescendo et l’accumulation de forces contribua à radicaliser le processus, tout en adoptant depuis le début une stratégie non violente, et les lignes politiques au cours des années suivantes. En décembre 2010, en pleine crise économique et sociale, Convergència i Unió (CiU), qui intégra le « droit de décider » dans son programme, remporta les élections avec 38,5% des voix et 62 sièges (majorité relative). Artur Mas devint le nouveau président de la Generalitat grâce à l’abstention du Parti dels socialistes catalans (PSC). Les formations du gouvernement « tripartite » furent largement battues, le PSC recula de 8,5%, Esquerra republicana de Catalunya (ERC) de 7% et Iniciativa per Catalunya/Els Verds-Esquerra Unida i Alternativa (ICV-EUiA) de 1 % et perdirent 22 sièges. La coalition Solidaritat Catalana per la Independència (SI), créée en juillet 2010, intégra le Parlament avec 4 sièges.

lundi 5 février 2018

L’automne catalan et le retour de la question nationale (1)



Un dossier sur la Catalogne a été réalisé par la commission Etat espagnol du mouvement Ensemble ! Nous reproduisons ici l'introduction et le sommaire.





L’automne catalan est venu rappeler que le droit à l’autodétermination des peuples n’appartient pas à un lointain passé, celui des décolonisations et de la poussée nationalitaire des années 1970. Il est probablement l’une des expressions les plus affirmées du retour au premier plan de la question nationalitaire en Europe.

jeudi 18 janvier 2018

Conférence Catalogne à Aubenas

CATALOGNE
Enjeux d’un soulèvement populaire


En une décennie, le processus d’autodétermination de la Catalogne est passé d’une autonomie négociée à une volonté d’indépendance sous la forme de République. Le référendum du 1er octobre organisé par le gouvernement a concentré différentes formes d’auto-organisation face à la répression engagée par le pouvoir central.
● Quel a été le détonateur du processus de mobilisations indépendantistes de masse permettant une accumulation de forces depuis juillet 2010 ?
● Quelles sont les positions politiques en présence ?
● Quelles perspectives face à l’intransigeance des « garants » de l’unité espagnole et des institutions de 1978 et après les élections du 21 décembre ?

Catalogne : Formation-débat à Nice



ENSEMBLE! 06
Session de formation-débat


samedi 20 janvier 2018 de 14h00 à 17h30

Les processus d'auto-détermination d'hier et d'aujourd'hui et le cas de la
Catalogne : auto-organisation, auto-détermination et république catalane

vendredi 22 décembre 2017

Les élections en Catalogne constituent un camouflet pour Rajoy !



Les élections du 21 décembre convoquées par le gouvernement de Mariano Rajoy étaient censées clore la séquence récente d’un bras de fer entre la Catalogne et l’État espagnol, entre velléités « séparatistes » et « unionistes ». Or, elles ont été organisées dans un contexte de tensions exacerbées suite au « coup d’État constitutionnel » d’octobre dernier, avec des responsables politiques et associatifs emprisonné-e-s, d’autres poursuivi-e-s ou en exil à Bruxelles, à l’image du président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, et des procédures judiciaires à l’encontre de centaines d’élu-e-s et de militant-e-s. La phase du processus d’autodétermination de juin à décembre aura été trop intense pour qu’elle s’interrompe après ces élections et les résultats le confirment. En effet, le mouvement est trop enraciné pour qu’il s’évanouisse à l’issue d’une campagne électorale surréaliste et qui s’est déroulée dans des conditions délétères. Avant d’analyser les résultats, revenons sur les principaux moments de cette dernière période.

mercredi 20 décembre 2017

Le retour au premier plan du droit à l’autodétermination des peuples



Edito de décembre rédigé pour le site de l'Association pour l'autogestion


Passé le temps de la décolonisation et de la poussée nationalitaire des années 70, le droit à l’autodétermination des peuples semblait oublié dans l’Hexagone et voilà, qu’en cet automne, il ressurgit avec une grande acuité. La victoire des formations nationalistes (autonomistes et indépendantistes réunis) en Corse, les litiges dans la définition du collège électoral pour le référendum d’autodétermination prévu en Kanaky en 2018 et la proclamation symbolique de la République catalane (même si le sentiment nationaliste s’exprime peu en Catalogne du Nord) sont l’expression du retour au premier plan de la question nationale.