samedi 9 octobre 2010

Coup d'Etat ou coup d'essai en Equateur

Pour tenter de mieux comprendre ce qui s'est passé en Equateur le 30 septembre

Dossier Equateur sur le site de Mémoires des luttes

http://www.medelu.org/spip.php?rubrique69
avec notamment les articles de :
Maurice Lemoine
http://www.medelu.org/spip.php?article624
Atilio Boron
http://www.medelu.org/spip.php?article627
Pablo Stefanini
http://www.medelu.org/spip.php?article630

et une cinquantaine d'articles en castillan sur le site de Rebelion
http://www.rebelion.org/apartado.php?id=361   

dimanche 3 octobre 2010

Bilan Lula : « Un social-libéralisme à la brésilienne »

Entretien avec le politologue Franck Gaudichaud.


A quelques jours des élections présidentielles et fédérales au Brésil, nous publions une version actualisée d’une entretien paru dans la revue Nouveaux Regards qui revient sur les deux mandats du Président brésilien « Lula » Da Silva. Faire un bilan critique de ces 8 années doit permettre d’essayer de comprendre le cycle politique à venir dans un pays essentiel pour la géopolitique latino-américaine mais aussi mondiale. Comme le rappelle dans un récent éditorial le journaliste du Monde Diplomatique Renaud Lambert, dés 1971 le président Nixon avait compris que « Là où le Brésil va, l’Amérique latine ira… » (Manière de voir, N°113, oct-nov 2010)
par Evelyne Bechtold-Rognon , Franck Gaudichaud
(29 septembre 2010)


Comment situer le Brésil d’un point de vue géopolitique, en particulier par rapport aux autres pays de l’Amérique latine ?
Quelques chiffres permettent de comprendre : le Brésil représente en taille la moitié du territoire de l’Amérique du sud, et sa population est de plus de 195 millions d’habitants. C’est un géant, à tous les points de vue. Son économie se situe aux environs de la 8e ou 9° place mondiale, juste derrière l’Espagne. Il fait partie du groupe des « BRIC » : Brésil, Russie, Inde et Chine, acronyme qui désigne les grands pays dits émergents. Mais les dirigeants brésiliens récusent ce terme, et considèrent qu’ils représentent une économie « émergée »... C’est un pays qui, sur le plan diplomatique et géopolitique, a toujours recherché l’autonomie, le multilatéralisme et une certaine indépendance. Depuis la présidence de Lula, cet aspect s’est encore accentué. Le Brésil veut jouer dans la cour des « grands ». Il demande par exemple un siège au conseil de sécurité de l’ONU. Il est aussi un promoteur du G 20, conçu comme un forum économique plus large que le G 8 et ouvert à certains pays du sud.

mercredi 29 septembre 2010

Forum Mondial de l’Education en Palestine


Du 28 au 31 octobre 2010, le Forum Mondial de l’Education(1) (FME) se tiendra pour la première fois en Palestine. Plusieurs centaines d’organisations se rassembleront pour évoquer la question de l'Education à travers le monde, et plus particulièrement en Palestine. Deux ans après l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, qui avait détruit ou endommagé 278 écoles, cette mobilisation mondiale revêt une importance majeure.
Depuis 42 ans, l’occupation israélienne continue de paralyser le système éducatif palestinien. Fermeture ou destruction des écoles, arrestation des professeurs ou des enfants, difficulté de circulation dans les Territoires palestiniens ou pour se rendre à l’étranger, passage de checkpoints  ou du Mur pour se rendre dans son école ou université : étudier normalement dans les Territoires palestiniens est extrêmement difficile.

Solidarité avec les 34 prisonniers Mapuche en grève de la faim au Chili

Au sud du Chili, 34 Prisonniers Politiques Mapuche, répartis dans six prisons, sont en grève de la faim depuis le 12 juillet dernier pour faire connaître et aboutir leurs revendications. Plusieurs sont hospitalisés dans un état critique et l’inquiétude grandit au fil des jours qui passent sans aucun geste sérieux de la part du gouvernement de S. Piñera.
Le Collectif de soutien au Peuple Mapuche appelle à manifester
le 29 septembre à Paris.
Les médias ont fait connaître au monde entier la situation dramatique de 33 mineurs chiliens prisonniers des entrailles de la terre.
Au même moment, 34 Prisonniers Politiques Mapuche risquent leur vie pour faire entendre les revendications de leurs communautés en lutte et sont injustement victimes de la loi antiterroriste (loi 18.314), héritée de la dictature de Pinochet et utilisée pour stigmatiser et écraser les mouvements sociaux, en particulier celui du Peuple Mapuche. Ceux qui sont jugés en vertu de cette loi se trouvent confrontés à une série d’irrégularités judiciaires et de violations de leurs droits : arrestations arbitraires, détention provisoire prolongée, présomption de culpabilité, torture, pressions psychologiques, non communication à leur défense des charges retenues contre eux et basées sur des déclarations de “témoins sans visage”, fouilles quotidiennes de leur cellule et transferts continuels.

lundi 20 septembre 2010

Haute tension : les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010

Un ouvrage qui pose clairement la question de la reprise des entreprises par les salariés eux-mêmes....

Haute tension : les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 par Evelyne PERRIN

Manuscrit téléchargeable sous format PDF sur le site de l'IRESMO


(Manuscrit à paraître début 2011)

Présentation

Durant l'hiver 2009-2010, alors que les luttes de salariés contre les plans sociaux avaient défrayé l'actualité tout au long des derniers mois, des Contis aux Molex, des Philips aux New Fabris, j'ai effectué une visite auprès des syndicalistes menant ou ayant mené ces luttes, pour leur donner la parole.

J'ai rencontré les salariés de 25 entreprises, dont une majorité d'entreprises donneurs d'ordre ou sous-traitantes de l'automobile, et dont cinq publiques ou récemment privatisées. Ils m'ont exposé les décisions (fermeture, plan social, délocalisation) contre lesquelles ils ont lutté ou luttent encore, ce que la lutte leur a permis d'obtenir ou non, ce qu'ils en retirent comme leçon.

Aussi j'ai ajouté à l'enquête une partie de propositions, sur ce que pourrait être une véritable politique industrielle en France ou en Europe, sur les mesures, radicales, qui devraient être prises ou imposées pour faire face à cette hémorragie et à ce gâchis humain : limitation du pouvoir de la finance, devenue souveraine, extension du pouvoir des salariés, reprise de l'entreprise par eux, reconversion, relocalisation, RTT…

Je conclus de cette enquête l'absence ou l'insuffisance d'un soutien, d'une coordination de ces luttes, et surtout d'une réflexion sur les solutions, de la part des principaux syndicats et partis politiques de gauche.

Evelyne Perrin

Brésil : Dilma Rousseff devrait succéder à Lula

Rémy Querbouët et Richard Neuville *
Le 3 Octobre prochain, 135 millions d'électeur-trice-s brésilien-ne-s seront appelé-e-s aux urnes pour le premier tour des élections générales. A cette occasion, ils/elles désigneront à la fois le président de la République, les parlementaires au niveau fédéral et régional (les États) et les gouverneurs des États. Le second tour aura lieu fin Octobre et les prises de fonctions début Janvier. Le Parti des travailleurs (PT), premier parti brésilien, gère actuellement trois Etats sur vingt-sept et compte soixante dix-neuf députés sur cinq cent-treize ainsi que dix sénateurs sur quatre-vingt-un. Élu à la présidence en 2002, Luiz Inácio «Lula» da Silva du PT, a dirigé le pays pendant huit ans en composant des coalitions avec d’autres formations. Selon divers sondages, sa politique obtiendrait l’approbation de 77% des Brésiliens. Il est devenu le président le plus populaire de l’histoire de la République. Si la constitution ne limitait pas le nombre de mandats successifs, il serait probablement réélu très facilement dès le premier tour. Si les autres élections sont particulièrement importantes, c’est surtout l’élection présidentielle qui focalise les attentions car pour une partie de la gauche brésilienne et internationale et nombre d’observateurs le bilan des deux mandats de Lula est sans doute plus contrasté que ne l’indique les sondages et les discours élogieux de la presse économique et internationale.

samedi 11 septembre 2010

Fonds Yasuní-ITT (Equateur) : une première initiative concrète pour agir pour le climat


Richard Neuville
(Article paru dans Rouge et Vert n°311)

Chargé de réfléchir sur les avancées et les limites du Protocole de Kyoto, le Sommet mondial de Copenhague, en décembre 2009, a été un échec patent et a démontré clairement que les intérêts économiques des pays riches prédominent sur l’avenir de la planète. Les Etats-Unis et la Chine, avec la complicité de 28 pays, y ont imposé leur loi. Heureusement la conférence alternative sur le changement climatique de Cochabamba (Bolivie) en avril, qui réunissait principalement des mouvements sociaux et des ONG, a permis la ratification de « l’accord des peuples » et le renforcement d’un mouvement pour la justice climatique. Dans ce contexte, l’initiative Yasuni-ITT en Equateur doit retenir toute notre attention car elle revêt un caractère original et tend à inverser la tendance productiviste qui a prévalue depuis deux siècles. En effet, les mots et les déclarations d’intention ne suffisent plus, il importe d’agir vite contre le réchauffement global et le changement climatique pour l’avenir des générations futures.

dimanche 5 septembre 2010

TERRITOIRES EN TRANSITION : UN CHEMIN D'AUTO-ORGANISATION DE LA SOCIETE

Joël MARTINE, Marseille, août 2010

Parti de petites villes anglaises en 2006, le mouvement des Territoires en transition est une méthode de l'action collective nouvelle et prometteuse en réponse au pic pétrolier et au dérèglement climatique. On demande aux gens de s'interroger sur ce qu'ils peuvent faire avec les ressources existant autour d'eux sur un territoire précis, et pouvant être mises en oeuvre sans attendre des décisions des pouvoirs publics (mais en créant le rapport de force qui rendra ces décisions possibles). Par cette prise de conscience et cette prise en main collective de la vie locale, les gens sortent de l'alternance entre insouciance irresponsable et angoisse paralysante.
Il est décisif que cette démarche soit reprise par les citoyens, les collectifs militants, et les élus : c'est une approche pragmatique qui pourrait transformer les conditions mêmes de l'action politique et contribuer à débloquer l'auto-transformation de la société.

Communiqué de l'Association d'Ex Prisonniers Politiques Chiliens (France)

La presse écrite et audiovisuelle chilienne et internationale annonce l'heureuse nouvelle : les 33 mineurs enfouis depuis deux semaines à 700 m de profondeur dans une mine du Nord du Chili sont en vie ! [1] Nous nous en réjouissons. En revanche, les médias chiliens passent sous silence absolu la grève de la faim, menée depuis le 12 juillet par 32 prisonniers politiques mapuches (principal peuple originaire) pour protester contre de graves violations des droits de l'homme commises à leur encontre. Silence complice des médias que l'Ordre des Journalistes chiliens a condamné récemment.
Les grévistes exigent l'abrogation de la loi antiterroriste héritée de Pinochet, la fin des doubles procès par de tribunaux civils et militaires, la suppression de l'utilisation de témoins masqués ne donnant aucune garantie d'impartialité, la démilitarisation du territoire mapuche, et enfin, de mettre terme aux détentions préventives qui les maintiennent en prison pendant des mois, voire parfois des années.
Actuellement 96 Mapuches sont en prison, accusés d'actions «terroristes», alors qu'ils ne font que lutter pour la récupération de leurs territoires ancestraux, le respect de leur culture et la conservation de leur écosystème afin d'éviter le saccage des forêts, la pollution des lacs et des rivières, etc.
Le nouveau gouvernement issu de la droite pinochétiste, aggrave la politique néolibérale héritée de la dictature, héritage que les gouvernements de la Concertation n'ont jamais fondamentalement modifié.
Nous dénonçons cette réalité et appelons l'opinion publique internationale à se mobiliser activement face à la dramatique situation de ces prisonniers politiques mapuche.

Association d'Ex Prisonniers Politiques Chiliens (France)
Paris, samedi 28 août 2010
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[1] L’effondrement de la mine San José, scénario du drame, était prévisible. Des accidents graves survenus avaient motivé en 2004 un recours interposé par le syndicat, qui fut rejeté par la cour d’appel.

Autonomie, auto-organisation et stratégies de pouvoir des mouvements sociaux en Amérique latine

Richard Neuville *
La première partie de cet exposé s’appuie sur les travaux du GEAL (Groupe d’études Amérique latine : Argentine) et notamment un article de février 2009 **

Vue d’Europe, on peut caractériser l’Amérique latine comme un pôle de résistance et un laboratoire social. Si l’Amérique latine a longtemps été un terreau fertile pour les expériences révolutionnaires. Depuis une vingtaine d’années, elle est probablement devenue le principal foyer de résistance à la mondialisation capitaliste et à l’hégémonie de l’Empire. La richesse et la diversité de ces expériences permettent de qualifier le sous-continent de véritable laboratoire social.
La décennie des années 90 a été marquée par un nouveau cycle de conflits et de mobilisations qui ont contesté le modèle néolibéral :
o Soulèvement zapatiste en 1994 contre l’entrée en vigueur de l’ALENA,
o Barrages de routes par les piqueteros en 1996,
o Mobilisations indigènes et paysannes en Equateur qui ont précipité la chute du gouvernement d’Abdala Bucaram en 1997.
Ces événements : au Nord, au Sud et dans les Andes caractérisent la dimension régionale de ce cycle de protestations.