lundi 31 mai 2010

« Occuper, résister, produire », éclairs autogestionnaires latino-américains

Mardi 25 mai 2010 à 21h à la Maison de l'Amérique Latine
Compte rendu Benoît Borrits *
Cette conférence s'inscrit dans un cycle des « 40 ans » de France Amérique Latine. Elle a été introduite par Franck Gaudichaud (France Amérique Latine) qui a rappelé que ces « éclairs autogestionnaires » latino-américains s'inscrivent dans une longue tradition de lutte pour le « poder popular » (pouvoir populaire), tradition qui prend sa source à Cuba dans les années 30 avec les Conseils ouvriers. Deux périodes fortes de mobilisations sont à distinguer, périodes séparées par les années noires de dictatures militaires. La première prend son envol avec la révolution cubaine de 1959, les réformes du Président Velasco au Pérou (1968-75), le gouvernement d'Unité Populaire au Chili, le Cordobazo (1969) en Argentine ou encore l'Assemblée Populaire de Bolivie de 1971. La seconde prend la forme de laboratoires d'expérimentations démocratiques, tels que les médias communautaires vénézueliens, les communautés zapatistes et la commune d'Oaxaca au Mexique ou encore les Piqueteros argentins. De plus, la venue au pouvoir de gouvernements progressistes au Venezuela, en Bolivie ou en Equateur crée une relation nouvelle qui permet de démultiplier ces expériences.

jeudi 27 mai 2010

Ce qui auparavant paraissait souvent impossible souvent s'avère très réaliste

Coordination Lucien Collonges (collectif) : "Autogestion hier, aujourd'hui, demain"

Editions Syllepse, Paris 2010, 695 pages, 30 euros


Note de lecture de Didier Epsztajn
http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/

Comment présenter un tel ouvrage ? Comment rendre la richesse des analyses, ou plus simplement comment donner envie de se confronter aux utopies concrètes, dont l'autogestion, réponse en espérance aux défis du monde d'aujourd'hui ?
Sans vraiment de solution satisfaisante, j'assume ici une présentation en reconstitution/puzzle parmi tant d'autres, une des lectures transversales plausibles des travaux réunis.
Au delà des terminologies utilisées, pas toujours adéquates à mes yeux, la notion d'autogestion permet de poser une (des) alternative(s) aujourd'hui efficace(s) pour les actions/réappropriations immédiates de notre présent. Elle permet aussi de poser les alternatives, de se poser en alternative émancipatrice majoritaire pour demain.
Demain est déjà commencé. C'est pourquoi les auteur-e- s indiquent « C'est pourquoi nous devons constamment souligner ce qui dans les pratiques et les revendications des mouvements de contestation - qu'elles soient sociales, politiques, écologiques, nationales ou culturelles - exprime les aspirations à l'autodétermination et à l'autogestion. »
En alliant, leçons des expériences passées, radicalisation de la démocratie et proposition pour une activité de production autogérée, les auteur-e-s actualisent une part de cette « alternative radicale et globale qu'il faut construire et opposer pied à pied à l'ordre établi. »Le patron a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui.

vendredi 21 mai 2010

Declaración final de la Cumbre de los Pueblos "Enlazando Alternativas IV"

Red Enlazando Alternativas
www.enlazandoalternativas.org

Las redes, plataformas y organizaciones de Europa y América Latina y el Caribe, reunidas en Madrid del 14 al 18 de mayo, durante la Cumbre de los Pueblos Enlazando Alternativas IV, reivindicamos nuestro derecho a plantear alternativas al modelo neoliberal y a los tratados de libre comercio, y creemos en nuestra capacidad para construir un dialogo político y social entre los pueblos. Estamos inmersos en una crisis de civilización que afecta a todo el planeta, donde son los grupos sociales más vulnerables y los pueblos del Sur los que están soportando la carga más pesada. Mientras millones de trabajadoras y trabajadores han perdido su trabajo, sumiendose en la pobreza y precariedad, el sistema financiero obtiene ganancias multibillonarias con el apoyo de los Estados del Norte. La crisis económica mundial está lejos de ser resuelta y los planes de rescate se han dirigido a defender los intereses del gran capital, como lo demuestran las recientes medidas de ajuste estructural exigidas a Grecia por la UE, y los anuncios en la misma dirección para España y Portugal. La historia de América Latina y el Caribe demuestra el impacto devastador de estas políticas de recorte del gasto público, privatizaciones y desregulación económica. Justo cuando se cumplen dos siglos del inicio de las luchas de independencia en varios países de América Latina y el Caribe, la UE propone una "alianza" estratégica que supone volver al pasado. La creación de una «Zona Euro-Latinoamericana de Asociación Global Interregional», sustentada en la aprobación de una serie de acuerdos de libre comercio para proteger los intereses de las multinacionales europeas en América Latina y el Caribe y cercenar las posibilidades de una integración regional y birregional sobre nuevas bases.

mercredi 12 mai 2010

Appel du réseau bi-régional Amérique latine et Caraïbe « Enlazando alternativas » (Nouons des alternatives)

Sommet alternatif des Peuples, Enlazando Alternativas 4 Madrid, 14 au 18 mai 2010

En mai 2010, sous la présidence espagnole de l’Union Européenne, se réuniront à Madrid les Présidents et Chefs d’Etat de l’Union européenne, de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Le « vieux continent », transformé aujourd’hui en Europe du capital et de la guerre cherchera lors de ce nouveau sommet à impulser des politiques et des mécanismes destinés à favoriser le capital financier et les grandes transnationales à travers le saccage des ressources naturelles et la privatisation des services publics déguisés en promesses de développement. Ce sommet se déroulera sous l’effet d’une crise financière, économique, environnementale et sociale qui a provoqué en Europe plus de chômage et de précarité et en Amérique latine plus de pauvreté et d’exclusion sociale.

dimanche 9 mai 2010

En route vers le sommet des peuples à Madrid !

C’est dans le cadre de la campagne « Enlazando Alternativas» (« relions entre elles des alternatives ») que se tiendra le 4e Sommet des peuples du 14 au 18 mai 2010 à Madrid, pour y dénoncer la politique impérialiste de l’Union européenne, pour tisser des liens et construire des alternatives entre les mouvements sociaux européens et les résistances latino-américaines.

Ana Maria Duarte, Franck Gaudichaud, Flavia Verri

Depuis maintenant plus d’une décennie, l’Amérique latine apparaît comme une zone de tempêtes pour la domination néolibérale planétaire. Elle a connu les plus importantes mobilisations collectives contre les conséquences sociales, politiques et écologiques du capitalisme prédateur dans les pays du sud, avec dans certains cas des réactions en chaîne ayant abouti à la démission de gouvernements conservateurs, à la remise en cause de privatisations majeures et à un retour sur le devant de la scène des gauches comme de la question sociale. Bien plus qu’ailleurs, il existe dans le sous-continent une crise d’hégémonie de la bourgeoisie et du système néolibéral. Le changement des rapports de forces en Amérique latine est avant tout le produit de mouvements sociaux offensifs, radicaux et transnationaux qui ont combiné revendications démocratiques (assemblées constituantes, reconnaissance de l’État plurinational) avec une orientation anti-néolibérale, anti-impérialiste et internationaliste. Cette réalité des luttes de classes est évidemment différenciée suivant les pays : luttes indigènes au Pérou, en Bolivie et Équateur, des chômeurs en Argentine, des sans-terre au Brésil et en Bolivie, mobilisations syndicales au Mexique ou au Chili, féministes en Amérique centrale…

dimanche 2 mai 2010

Texte adopté par la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre-Mère le 22 avril à Cochabamba, Bolivie.

Aujourd’hui, notre Terre-Mère est blessée et l’avenir de l’humanité est en péril.


Si la planète se réchauffe de plus de 2º C, comme l’implique ledit « Accord de Copenhague », il y a 50 % de chances que les dommages que subirait notre Terre-Mère soient totalement irréversibles. 20 % à 30 % des espèces seraient en danger d’extinction. De vastes étendues de forêt seraient touchées, les sécheresses et les inondations toucheraient différentes régions de la planète, les déserts s’étendraient et la fonte des pôles et des glaciers dans les Andes et l’Himalaya s’aggraverait. De nombreux états insulaires disparaîtraient et l’Afrique subirait un accroissement de la température de plus de 3º C. De même, la production d’aliments réduirait à l’échelle mondiale avec des conséquences catastrophiques pour la survie des habitants de vastes régions de la planète, et le nombre de personnes souffrant de famine dans le monde, qui dépasse déjà 1, 02 milliard, augmenterait de façon dramatique.

vendredi 30 avril 2010

Etat espagnol : MANIFIESTO SOCIALISMO 21

Los hombres y mujeres que impulsamos la Asociación político cultural “Socialismo 21” (socialismo21.net) partimos de dos convicciones: muestro rechazo intelectual y moral al capitalismo y nuestra apuesta inequívoca por el socialismo.
El tiempo político que estamos viviendo quizás no guarde comparación con ninguna otra etapa histórica. El capitalismo está sumido en una crisis global de consecuencias inescrutables, y las fuerzas de la izquierda antisistema están muy debilitadas ideológica y organizativamente, siendo incapaces de ofrecer una alternativa creíble a los trabajadores y las capas sociales oprimidas. De ahí surge lo paradójico de nuestra época: las mujeres y los hombres que queremos construir otro mundo perciben hoy más que nunca la injusticia, los crímenes y las aberraciones que el capitalismo conlleva y al mismo tiempo, nunca como hasta ahora, su superación parece más difícil y menos viable.

jeudi 29 avril 2010

OXACA : DÉCLARATION EN SOUTIEN À LA COMMUNE AUTONOME DE SAN JUAN COPALA

DÉCLARATION EN SOUTIEN À LA COMMUNE AUTONOME DE SAN JUAN COPALA

Les agressions violentes contre la Commune autonome de San Juan Copala ont été nombreuses. Il est prouvé et documenté qu'elles ont été ordonnées et exécutées par le mauvais gouvernement, au travers de paramilitaires et de diverses forces répressives de l'État. Ces agressions contre la vie autonome de San Juan Copala ont débouché sur des blessures par balles et plusieurs personnes assassinées :

- Alerte rouge dans la Commune autonome de San Juan Copala (21 avril 2010)

mercredi 28 avril 2010

Indianisme et marxisme

Publié sur Contretemps (http://www.contretemps.eu/)

A l'occasion du sommet des peuples de Cochabamba, nous publions un texte d' Álvaro García Linera, actuel vice-président de la République bolivienne.
Ce texte intitulé Indianisme et marxisme : la non-rencontre de deux raisons révolutionnaires est paru dans le n° 4 de la revue Contretemps au 4è trimestre de 2009. Il est précédé d'une présentation de Franck Gaudichaud qui souligne l'importance du travail de Garcia Linera pour faire émerger un véritable syncrétisme entre marxisme critique et indianisme démocratique.

Présentation du texte d’Álvaro García Linera: « Marxisme et indianisme » (2005)
« Je suis une personne qui a vécu son adolescence dans une période de grande instabilité politique : élections, coups d’État, élections, autres coups d’État, dans un contexte fort de mobilisations, de projets, de débats, d’utopies. Je parle de la fin des années 70 et je crois que cela a eu une influence sur mon rapprochement personnel avec la politique et les sciences sociales »i. Agé de 46 ans, c’est ainsi qu’Álvaro García Linera, actuel vice-président de la République bolivienne et bras droit du Président aymara Evo Morales décrit son parcours biographique. Inspiré par Pierre Bourdieu, le penseur marxiste péruvien José Carlos Mariátegui ou encore Toni Negri, García Linera est souvent présenté comme l’un des principaux penseurs organiques du gouvernement bolivien et de sa « Révolution démocratique ». Avant de rejoindre le Mouvement au socialisme (MAS), ce mathématicien engagé et sociologue autodidacte orignal, a été lié durant des décennies aux luttes de son pays. Il rejoint, au début des années 1990, l’Armée guerrillera Túpak Katari (EGTK), qui cherchait à alimenter un soulèvement indigène dans le pays. Il y rencontre Felipe Quispe, leader aymara toujours actif et rival d'Evo Morales. La guérilla vaincue, García Linera passera cinq années en prison (1992-1995) au cours desquelles il étudie la sociologie.

Quand l’Etat colombien espionne ses opposants

Hernando Calvo Ospina - La valise diplomatique - mardi 27 avril 2010


Depuis cinq ans, d’influents médias colombiens – entre autres la revue Semana – ont commencé à ébruiter ce que les organisations de défense des droits humains savaient déjà : les hauts responsables du Département administratif de Sécurité (DAS), service de renseignement politique qui dépend directement du président de la République, chargeaient des chefs paramilitaires d’assassiner les opposants. L’un de ces fonctionnaires, M. Rafael García, a reconnu que nombre d’opérations de « guerre sale » menées par le DAS ont été financées grâce à l’argent du trafic de cocaïne. Malgré leur gravité, ces informations, comme tant d’autres, sont restées sans suite dans la rubrique « justice nationale ».