mardi 8 mars 2011

Gaz de schiste : l'Ardèche est entrée en résistance !

Cet article a été rédigé pour Rouge et Vert le 5 mars
Richard Neuville

Révélés publiquement au cours de la deuxième quinzaine de décembre 2010, les permis d’exploration et d’extraction des gaz de schiste délivrés dans la plus grande discrétion à des compagnies extractives par le Ministère de l’écologie neuf mois plus tôt allaient mettre en émoi la population de l’Ardèche. Rapidement, des associations environnementales (FRAPNA, Vigi-nature, etc.) et des écologistes (EELV et autres) affutent leurs argumentaires et programment des premières réunions publiques pour informer et sensibiliser la population. Les Alternatifs en appellent à la création d’un collectif large. En quelques semaines, la mobilisation va croître très rapidement grâce à la création d’un collectif unitaire et atteindre un niveau de contestation inégalée en Ardèche méridionale le 26 février lors de la manifestation organisée à Villeneuve de Berg. Ce jour-là, c’est tout un peuple qui s’est levé contre l’arbitraire technocratique et qui est entré en résistance active. 

samedi 5 mars 2011

La Libye met mal à l'aise la gauche latino-américaine

BERNARD PERRIN, LA PAZ

Le soulèvement contre Kadhafi, allié politique et économique du bloc de gauche, déboussole certains gouvernements «révolutionnaires».
Stupéfiant et inquiétant parallélisme. Alors que de nombreuses chancelleries européennes sont inquiètes à l'idée de voir le colonel Kadhafi, qui était il y a peu encore un «ami intime» (Silvio Berlusconi) ou tout du moins un partenaire économique vital (90% du pétrole libyen prenait le chemin de l'Europe), tomber sous la pression de son peuple, une autre peur s'empare des gouvernements de gauche «progressistes» d'Amérique du Sud: celle d'assister à la chute d'un... camarade révolutionnaire. Le premier cas de figure n'a au fond rien de très surprenant. L'Europe capitaliste préfère un partenaire fiable, même s'il fut longtemps en tête de liste des terroristes les plus infréquentables de la planète, même s'il fait aujourd'hui tirer sur son propre peuple. Le cynisme de la realpolitik.

mardi 1 mars 2011

« No gazaran » : la mobilisation contre les gaz de schiste s’amplifie

http://www.bastamag.net/article1451.html


Par Maxime Combes (1er mars 2011)

Ils étaient plus de 10.000 à manifester le 26 février à Villeneuve-de-Berg (Ardèche). La mobilisation contre l’extraction du gaz de schiste prend de l’ampleur, et la résistance s’organise : actions non-violentes, procédures juridiques pour annuler les permis d’exploration, campement sur les sites concernés et grand rassemblement citoyen sont en projet. Avec un objectif : au-delà des problèmes posés par le gaz de schiste, engager un débat sur l’avenir énergétique de nos sociétés.

lundi 28 février 2011

Éducation et autogestion

Une contribution au projet autogestionnaire des Alternatifs

Le rôle de l’école et de l’éducation est essentiel à tous égards : notre projet autogestionnaire pour l’Ecole et l’Education s’appuie sur les luttes émancipatrices menées, démocratiques, sociales, féministes et écologistes et intègrent les expériences alternatives concrètes déjà en cours ou celles à promouvoir, notamment au sein de l’institution scolaire :

◦pour changer les représentations liées au genre dans la société. Les différences liées au genre sont construites, dès le plus jeune âge, par la société et son relais l’école. Le capitalisme s’appuie sur le patriarcat pour imposer une vision dominatrice du masculin sur le féminin. Les inégalités reconnues sur la place des femmes dans le monde du travail sont une traduction économique de la place prépondérante accordée aux hommes dans la société patriarcale. Il importe de valoriser les tâches liées à l’éducation au sens large, de façon à inciter les hommes à prendre leur part des soins apportés aux enfants.

vendredi 25 février 2011

Déclaration constitutive du conseil local provisoire pour gérer les affaires de la ville de Sidi Bou Ali


Autogestion tunisienne

Suite à la décision de confier à Mohamed Ghannouchi, la mission de former un nouveau gouvernement chargé d’organiser les nouvelles élections présidentielles dans le pays ;
Après le vide administratif et de gestion dans les villes de Sidi Bou Ali, wilaya de Sousse ;
Nous, citoyens de la ville de Sidi Bou Ali rassemblés à la « Place du Peuple » en ville déclarons :
- nous rejetons cette décision qui se base sur une Constitution antidémocratique et impopulaire, et qui ne garantit pas les droits de toutes les sensibilités nationales dans le pays ;
- nous refusons la domination du parti au pouvoir et à sa continuation à contrôler la vie politique dans le pays, à travers ses symboles et ses valets dans le gouvernement;
- nous élisons, d’une façon publique, un Conseil local temporaire pour qu’il gère les affaires de la cité et pour travailler dans le cadre de la coordination régionale et nationale pour retrouver le fonctionnement normal de la vie civile, économique, culturelle et politique dans le pays jusqu’à ce qu’une nouvelle Constitution d’une société démocratique et populaire ouvre la voie à des élections pour assurer la dévolution pacifique du pouvoir et sans aucun monopole. Et veille à ce qu’il représente l’ensemble des parties nationales.
Les fonctions de ce Conseil sont :
- La formation de comités de sécurité pour protéger les quartiers, 
- Aider à reprendre la vie économique quotidienne et à assurer les nécessités de la vie quotidienne des citoyens, 
- Assurer la réouverture des institutions civiles (banques, hôpitaux, municipalités, écoles, instituts, ...)
- Assurer la propreté de la ville, 
- Coordonner avec les conseils locaux et régionaux formés, 
- Communiquer et assurer la liaison avec l’armée nationale tant qu’elle est la seule institution qui veille, aujourd’hui, sur le pays.
Nous décidons de nous répartir sur les comités suivants :
        - Comité de la propagande et des médias ; 
        - Comité de la communication avec l’Armée nationale ;
        - Comité de la protection des quartiers ;
        - Comité de la propreté de la ville ;
        - Comité de la logistique ;
        - Comité de sensibilisation, d’orientation et de culture.

lundi 21 février 2011

FSM Dakar 2011 : Onze bougies internationales

Dixième anniversaire du Forum Social Mondial !

Onze forums sous différentes formes, du polycentrique au tricontinental, dans un fief de la gauche sud-américaine ou la banlieue indienne de Mumbaï. Onze forums et dixième anniversaire donc. Et de nombreux enjeux. Un forum mondial en Afrique avec des spécificités, des constantes et des évolutions.
Le Forum se clôt et en faire son bilan semble difficile. Nous nous risquons à le c o n s i d é rer comme ni totalement réussi ni raté. Moins par prudence ou diplomatie que pour cause de complexité.

dimanche 23 janvier 2011

Venezuela « Les Conseils communaux et le double pouvoir »

Nous publions succéssivement deux textes sur la démocratie politique : Conseils communaux au Venezuela et Budget participatif parus dans "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", Collectif Lucien Collonges, Editions Syllepse, mai 2010.

Richard Neuville *

« Le processus bolivarien reste sur le plan idéologique extraordinairement hétérogène. Il s’est surtout radicalisé grâce à une mobilisation exemplaire du mouvement populaire. » (Lander 2009)

Engagé depuis une décennie, le processus révolutionnaire bolivarien a suscité de nombreuses controverses et a souvent été caricaturé dans le monde occidental car il a non seulement constitué une rupture radicale avec le modèle dominant au Venezuela, mais il a également contesté l’hégémonie impériale étasunienne. En outre, il a eu de profondes répercussions sur l’ensemble du sous-continent latino-américain, où il est devenu une référence, voire un modèle pour les peuples, les acteurs sociaux et politiques de cette région.

Plus largement, il exerce un réel intérêt auprès de nombreux acteurs du mouvement altermondialiste. Ce changement est notamment incarné par Hugo Chávez Frías, leader charismatique, qui est parfois perçu de façon mythique par les peuples latino-américains et comme une référence incontournable au sein de la gauche de transformation sociale en Europe. Incontestablement, son élection en 1998 a permis de changer la vie de millions de Vénézuéliens et de modifier radicalement les structures institutionnelles, économiques et sociales du pays, tout en inscrivant la participation active au coeur du processus.

samedi 22 janvier 2011

LE BUDGET PARTICIPATF : DE L’EXPERIMENTATION DE PORTO ALEGRE AU CONCEPT

Cet article a été publié dans le livre "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", Coll. Lucien Collonges, Editions Syllepse, mai 2010.

Bruno Della Sudda et Richard Neuville *

« Le suffrage donne le droit de gouverner, il n’en donne pas le pouvoir. Il permet le décompte d’une multiplicité de vœux individuels exprimés dans le secret des isoloirs par les hommes et les femmes auxquels la convergence de leurs souhaits ne permet point encore de s’organiser et de s’unir en vue d’une action commune.» (Gorz 1975)

Se référant ici à la préface de l‟édition allemande de 1872 du Manifeste du parti communiste, André Gorz critique le déficit démocratique du système parlementaire. Il pointe également l’écueil du bureaucratisme qui ne pourra être évité que par un éco-socialisme reposant sur des réformes radicales qui ne sont réductibles ni à « La simple conquête électorale d’une majorité », « ni à la promulgation d’une série de réformes par une coalition occasionnelle des sociaux-démocrates et des socialistes » (Gorz 1975 : 72) et qui s'inscrivent dans une optique transitoire et une perspective révolutionnaire.

dimanche 9 janvier 2011

Besançon : Rencontre-débat sur l'autogestion le 21 janvier

La librairie Les Sandales d’Empédocle
est heureuse de vous inviter à une rencontre-débat avec

Richard NEUVILLE et Bruno DELLA SUDDA
à l’occasion de la parution de l’ouvrage collectif "Autogestion hier, aujourd’hui, demain" (éd. Syllepse)

le vendredi 21 janvier 2011 à 20h30 à la librairie.
Présence de Charles PIAGET qui nous fait l’honneur de venir
partager cette soirée avec nous

Richard Neuville, militant alter mondialiste et membre du collectif Lucien Collonges, http://alterautogestion.blogspot.com/
Bruno Della Sudda, militant alter mondialiste et membre du collectif Lucien Collonges, membre de la commission Autogestion des Alternatifs.
Librairie Les Sandales d’Empédocle 95, grande rue à Besançon. Tel 03 81 82 00 88

samedi 8 janvier 2011

La Révolution espagnole : Les collectivisations en Catalogne (1936-1939)

Cet article est paru in collectif Lucien Collonges, coordinateur de l'ouvrage "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", paru aux Editions Syllepse, mai 2010.

Richard Neuville *

« Pour qui arrivait directement d’Angleterre, l’aspect saisissant de Barcelone dépassait toute attente. C’était bien la première fois dans ma vie que je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière avait pris le dessus. […] Tout cela était étrange et émouvant. Une bonne part m’en demeurait incompréhensible ; mais il y avait là un état de choses qui m’apparut sur-le-champ comme valant la peine qu’on se battît pour lui. » George Orwell1

Dans la nuit du 18 juillet 1936, les généraux « rebelles » déclenchent le pronunciamento et déclarent l’état de guerre dans toute l’Espagne. Depuis la victoire du Frente Popular aux élections législatives en février, la tension est à son comble entre les partisans de l’Espagne « éternelle » et ceux de l’Espagne républicaine. La reconquista engagée par les militaires insurgés marque le début de la guerre civile et de la Révolution espagnole. En effet, très vite, la résistance antifasciste s’organise. A Barcelone, Gijon, Madrid, Malaga, Saint-Sébastien et Valence, l’insurrection militaire est écrasée par le mouvement populaire. Si le pays est coupé en deux, le gouvernement républicain reste cependant en place. Dans ces villes, devant le refus du pouvoir légitime d’armer le peuple, les travailleurs attaquent les armureries et les casernes et infligent une défaite aux factieux. La République se voit discréditée pour avoir refusé de donner des armes au peuple. Dans les zones où les militaires sont vaincus, des changements importants se produisent. Une profonde transformation économique et sociale s’amorce. Elle revêt cependant une intensité variable selon les territoires de l’Espagne républicaine. En Catalogne, l’influence idéologique libertaire au sein de la classe ouvrière, la structure économique distincte de celle du reste de l’Etat espagnol et l’indépendance politique (jusqu’à la fin de l’année 1937) vis-à-vis du pouvoir central sont des facteurs déterminants pour développer une alternative autonome aux lois du marché et au rôle prépondérant de l’Etat. C’est tout l’intérêt de l’expérience des collectivisations développées en Catalogne à partir du 19 juillet 1936, qui se caractérise par la mise en pratique des principes du socialisme anti-autoritaire et constitue encore aujourd’hui « une expérience unique au monde »2.