samedi 8 janvier 2011

Les entreprises récupérées en Argentine - « Occuper - résister - produire »

A la suite de la synthèse de l'enquête de l'université de Buenos Aires sur les entreprises récupérées en Argentine, nous publions cet article rédigé en septembre 2009 pour le livre "Autogestion hier, aujourd'hui, demain", paru aux éditions Syllepse en mai 2010.

Richard Neuville *

Si l’autogestion passait à des formes pratiques et concrètes et ne s’en tenait pas à des déclarations de principe, non seulement on s’interrogerait sur le mauvais fonctionnement du système existant, mais également sur la possibilité d’instaurer une économie alternative à caractère social, ce qui conduirait à rompre avec le discours hégémonique des 15 dernières années et le règne du marché. ” Gabriel Fajn 1 

Les politiques ultra-libérales, menées pendant 25 ans et particulièrement à partir de 1989, par les gouvernements dirigés par Menem et De la Rua, ont plongé l’Argentine dans la crise socio-économique la plus profonde de son histoire. Le modèle d’accumulation et de concentration financière a provoqué la fermeture continue d’entreprises dans le secteur industriel, la rupture interne de circuits commerciaux et la marginalisation de secteurs importants de la production. Les 4 années de récession, qui ont précédé la crise de 2001, caractérisées par une forte chute de la demande, du produit intérieur brut et de l’investissement, ont généré un cycle de dépression de l’économie. Cette situation a contraint de larges secteurs de la population à trouver des formes de survie, à travers le développement du troc et le renforcement des solidarités au sein des communautés de vie.

C’est dans ce contexte qu’éclate la révolte populaire du “ 19-20 ” décembre 2001, « el corralito »2 Cette explosion sociale voit émerger un extraordinaire processus d’auto-organisation sociale et de résistance avec la constitution spontanée des assemblées populaires et le développement de médias alternatifs. Parallèlement, le mouvement “ piqueteros ”3 se renforce et la récupération des entreprises par les travailleurs (ERT) acquiert une ampleur sans précédent.

lundi 3 janvier 2011

Argentine : les entreprises récupérées se consolident !

Richard Neuville *

« Aujourd’hui, quel que soit l’endroit dans le pays, lorsqu’une entreprise ferme, les travailleurs brandissent le drapeau de l’autogestion. C’est le grand acquis de la lutte de la classe ouvrière argentine » (José Abelli)1.


La récupération d’entreprises par les travailleurs en Argentine (ERT) n’est pas qu’un lointain souvenir de la crise de 2001. Depuis, « les ERT, non seulement, n’ont pas disparu mais elles se sont converties en une option que les travailleurs reconnaissent comme valide, malgré toutes les difficultés plutôt que de se résigner à la fermeture des entreprises ». (Ruggeri-2010) De fait, le mouvement de récupération s’est poursuivi et les ERT ont même réussi dans une forte proportion à se consolider, voire à se renforcer, c’est ce que relève la troisième enquête sur les entreprises récupérées réalisée dans le cadre du programme « Faculté ouverte » de la Faculté de philosophie et de lettres de Buenos Aires (UBA)2, qui a été rendue publique en octobre dernier. Le présent article se fixe comme objectif d’en dégager une synthèse.

vendredi 31 décembre 2010

PROPOSITIONS POUR UNE ECONOMIE AUTOGESTIONNAIRE

L'administateur ne partage pas tous les aspects développés dans cette contribution et notamment l'utilisation de certaines notions, telles que la temporalité donnée à la transition et au processus autogestionnaire.

Les Alternatifs,
Groupe de travail économie
30 octobre 2010

Une contribution au projet des Alternatifs
Résumé

Cette contribution, suite au mandat du congrès de 2008, est centrée en première partie sur le coeur du dispositif autogestionnaire en matière économique : la structure de propriété, le système de pouvoir et de prise de décision, la répartition de la richesse. Ces éléments esquissent une société autogestionnaire pour en déduire les conditions et le contenu de la phase de transition. La seconde partie consacrée à la transition, à la production et à l’international, relève davantage du questionnement.
Cette contribution repose sur la définition suivante : l’autogestion constitue, en vue de
l’émancipation de chacunE, la forme d’organisation et le mode de fonctionnement d’une société fondée, au niveau des principes et des pratiques, sur la participation de toutes et tous, à l’ensemble des décisions dans les champs économique et politique, pour tous les niveaux de la sphère collective.
Cette contribution doit être largement débattue lors de son intégration dans l'ensemble du projet des Alternatifs. Au sein de l'approche économique, au moins trois points particuliers sont à débattre ; les premiers concernent la démarche et la transition autour de deux questions : "faut-il penser un minimum « l’autogestion réalisée » pour penser la transition" ? "Le passage entre la société actuelle et la transition nécessite-t-il un moment spécifique, une Rupture c’est-à-dire un « moment » révolutionnaire particulier ? Le troisième point concerne la nature et les fonctions de l'Etat autogestionnaire, voire sa nécessité.

mercredi 29 décembre 2010

Au Honduras, les uns comptent leurs dollars, les autres leurs morts

La valise diplomatique
mardi 28 décembre 2010
Hélène Roux
Le 15 novembre 2010, la région du bas Aguán au Honduras a été le théâtre d’un massacre de plus, perpétré contre cinq paysans membres de l’organisation paysanne Movimiento Campesino del Aguán (MCA). Les faits se sont produits à l’aube du 15 novembre, lorsque deux cents gardes armés à la solde de M. Miguel Facussé Barjum (1), le magnat hondurien de la palme africaine, ont tiré avec des armes de gros calibre sur un groupe de paysans qui venait présenter les papiers les accréditant comme légitimes propriétaires de la finca (propriété) El Tumbador (municipalité de Trujillo).

Ces assassinats constituent un nouvel épisode dans le conflit agraire qui oppose de longue date le MCA aux grands entrepreneurs et propriétaires terriens de la région : M. Facussé Barjum – président de la société Dinant et oncle de l’ex-président libéral Carlos Flores Facussé (1998-2002) –, M. René Morales Carazo – industriel et frère du vice-président de la République du Nicaragua, M. Jaime Morales Carazo –, M. Reynaldo Canales – lui aussi grand patron –, et M. Oscar Najerá – député du parti Libéral (droite).

lundi 20 décembre 2010

Bilan du procès de la dictature chilienne


Le bilan du procès historique contre la dictature chilienne s'est déroulé du 8 au 17 décembre 2010 à la Cour d’Assise de Paris, réalisé par l'Association des ex prisonniers chiliens - France :

La Conférence de Presse au Centre d’Accueil de la Presse Etrangère (CAPE), le Dossier de presse; les évènements quotidiens; les dessins de Tardi, ami solidaire et généreux; ainsi que l’affiche de Placide ; quelques articles dans les journaux et revues, quelques interviews avec les participants, des photos – surtout celle de la manifestation, finale de bilan du Procès français de la dictature chilienne-

vous pouvez voir tout cela en cliquant sur les liens suivants :

Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Sophie Chapelle
Cet article sur les villes en transition aux Etats-Unis et initialement publié sur Bastamag.net est reproduit ici avec une vidéo réalisée dans le cadre du projet Alter-Echos.
http://alter-echos.org/grand-angle/ces-villes-qui-tentent-de-se-liberer-du-petrole/



Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente l’impossible : se libérer du pétrole au pays des road movies, des drive in, de l’essence peu chère… et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde. L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul.
L’une des chevilles ouvrières de cette révolution locale s’appelle Michael Brownlee. Ancien journaliste, il a été chercher l’inspiration en Grande-Bretagne, là où est né un étrange mouvement, celui des « villes en transition ». Le concept est lancé en 2006 par un enseignant en permaculture, Rob Hopkins. Celui-ci demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Le défi est majeur : éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal (l’épuisement progressif des ressources pétrolières) et contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux. Le Manuel de Transition : De la dépendance au pétrole à la résilience locale de Rob Hopkins vient d’ailleurs d’être traduit en français (aux éditions Ecosociété avec la revue Silence).

samedi 11 décembre 2010

L'autogestion hier et aujourd'hui, que reste-t-il de nos amours ?

La démocratie participative dans les pas de l'autogestion ?
Etude (1) en partenariat avec l'ADELS
avec le soutien de l'association "les Amis de Tribune Socialiste"
rapport intermédiaire décembre 2008
Pierre Thomé

Présentation

Au début de l'année 2008, la proximité du 40ème anniversaire de mai 68 n'y étant pas pour rien, des militants ex PSU(2) ou CFDT se sont retrouvés pour échanger de l'actualité politique. Un moment l'un d'entre eux a posé cette question : "l'autogestion a pratiquement disparu du discours politique, vous savez pourquoi ?" Silence abyssal de quelques instants… et jaillissement de la parole genre brainstorming dont on retiendra :

• certains courants politiques évoquent encore l'autogestion, comme "les Alternatifs Rouge et Vert" où l'on retrouve des anciens du PSU, comme aussi différents mouvements Libertaires

• la gauche de "gouvernance" a, semble-t-il, abandonné le concept : le PS, les Verts n'en parlent plus, le PCF l'évoque de temps en temps mais non comme un projet de société

• il existe encore de nos jours des pratiques autogestionnaires, par exemple dans des SCOP, des associations, des mouvements sociaux …

• aujourd'hui, on parle de démocratie locale, participative, de citoyenneté … Ces idées, ces pratiques, s'inscrivent-elles dans les pas de l'autogestion ? Et si oui en quoi ?

La centralité du statut autogestionnaire contre tout rapport de domination salarial

SAMARY Catherine
1er janvier 2008



Le statut autogestionnaire, reconnaissant à chaque être humain des droits et revenus de base associés à une appropriation collective des grands moyens de production est au coeur d’une remise en cause du rapport salarial. Celui-ci doit être aboli en tant que rapport de domination, qu’il se situe dans le cadre du capitalisme ou d’un Etat se proclamant socialiste. Mais cela ne signifie ni la fin des revenus monétaires, ni la rigidité des emplois ; encore moins la remise en cause d’une mutualisation des risques et des droits que le salariat a conquis, de façon précaire, contre le capitalisme et que le socialisme peut garantir.


Sommaire
• Reprendre les débats sur le socialisme
• Connaître et apprendre de l’expérience yougoslave
• Quelques leçons de l’expérience : Quel statut du travailleur/citoyen ?

Le Mexique, symbole de l’hypocrisie écologique

Conférence de Cancún
Par Sophie Chapelle (7 décembre 2010)

À Cancún, on n’est pas à un paradoxe près. La station balnéaire qui accueille les négociations sur le climat est ravagée depuis 35 ans par une frénésie immobilière, au mépris de l’écologie. De nombreuses populations mexicaines sont victimes de désastres socio-environnementaux. Pour dénoncer les décisions du gouvernement qui ont entrainé « un des plus hauts niveaux de dévastation environnementale de la planète », des caravanes ont sillonné le pays, en amont des négociations.

Nos gouvernements ont-ils décidé d’user de l’ironie ? Le choix de Cancún (Mexique) comme ville d’accueil des négociations sur le climat prête à la réflexion. Ou à la colère. Au cœur de la lagune, des forêts vierges et des plages immaculées, se sont élevées des centaines de tonnes de béton, d’acier et de verre. En l’espace de 35 ans, politiciens, promoteurs et transnationales ont fait de Cancún, « le rêve des banquiers » [1]. Pas moins de 36.000 chambres d’hôtel ont été construites depuis 1975 fragilisant la côte et l’exposant aux déchaînements de la nature.

jeudi 9 décembre 2010

Appel pour l’organisation d‘un Forum de Migrants à Bruxelles

Samedi 18 Décembre 2010

La marche vers Dakar 2011 pour « Une autre politique migratoire est possible »

Dans le cadre des préparatifs et des mobilisations pour le Forum Social Mondial qui se tiendra à Dakar en Février 2011, et conformément aux décisions prises lors de la tenue du Conseil International du FSM à Rabat en Mai 2009, un Forum des Migrants se tiendra à Bruxelles.

Le choix d’une ville européenne est une confirmation des prolongements sociaux du Maghreb du fait des millions de maghrébins résidents en Europe, c’est aussi le choix d’une convergence des luttes pour la citoyenneté ici et la-bas, de la convergence des luttes pour la liberté de circulation, contre le racisme, contre les choix sécuritaires au détriment du respect de la dignité et des droits de la personne.