vendredi 20 août 2010

Le sommet Chavez-Santos en Colombie: l’éruption d’une paix négociée grâce à UNASUR

Après les fortes tensions observées cet été, la rencontre au sommet Chavez-Santos pourrait ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre la Colombie et le Venezuela. Cet article apporte des éclairages intéressants sur la situation entre les deux pays et le rôle joué par la diplomatie brésilienne et l'UNASUR en Amérique latine.

Par Francisco Dominguez, secrétaire de Venezuela Solidarity Campaign
Les relations déjà mauvaises entre le Venezuela et la Colombie ont empiré à la suite des accusations de Luis Hoyso, représentant du gouvernement Uribe à l’OEA (Organisation des Etats Américains), selon lesquelles le gouvernement vénézuelien abriterait des guérilleros colombiens (1500) et autoriserait sur son territoire des camps d’entraînement à la guérilla (85). Les preuves – déjà réfutées– de ce tissu de mensonges une fois encore venaient des « ordinateurs magiques » saisis par les forces militaires colombiennes lors de leur attaque militaire illégale du 1er mars 2009.
Chavez a réagi par la rupture des relations avec la Colombie, entraînant une nouvelle dégradation entre les deux nations, mais il a néanmoins envoyé son ministre des Affaires Etrangères pour assister à l’investiture de Santos. La réponse d’Uribe fut d’annoncer, la veille de cette investiture, que son gouvernement déposait une plainte formelle contre le Venezuela auprès du Comité Américain des Droits de l’Homme, et une autre contre le président Chavez lui-même auprès de la Cour Pénale Internationale. Par ailleurs, Uribe s’est déclaré prêt à témoigner devant la CPI contre Hugo Chavez.
Cependant, après d’intenses activités diplomatiques à l’initiative de UNASUR, Nicolas Maduro, ministre vénézuélien des Affaires Etrangères, Nestor Kirchner, président de UNASUR et Lula, président du Brésil (ce dernier ayant rencontré publiquement à la fois Hugo Chavez et Juan Manuel Santos au cours de diverses réunions séparées), ont réussi, en quelques jours, à transformer ce qui apparaissait comme une escalade inexorable vers une catastrophe, en un des retournements politiques in extremis des plus extraordinaires de l’histoire latino américaine récente.Pendant son investiture, Juan Manuel Santos a stupéfié le monde en annonçant que son gouvernement aurait comme priorité de chercher à réparer et normaliser les relations de la Colombie avec le Venezuela et l’Equateur.

jeudi 19 août 2010

IV Foro Social Américas : Declaración de la Asamblea Movimientos Sociales


Nuestra América está encamino!
¡Ñane Amérika TeeOñemongu' Ehína!


Los movimientos sociales presentes en el IV Foro Social Américas, en Asunción del Paraguay, reafirmamos nuestra solidaridad y compromiso con el pueblo paraguayo, ante la urgente necesidad de avanzar en su proceso de cambios profundos, hacia la recuperación de la soberanía sobre su territorio, bienes comunes, recursos energéticos, en la concreción de la reforma agraria y de la democratización de la riqueza.

Estamos en un continente donde, en las últimas décadas, se ha dado el reencuentro entre los movimientos sociales y los movimientos indígenas, que desde sus conocimientos ancestrales y memoria histórica cuestionan radicalmente el sistema capitalista. En los últimos años, luchas sociales renovadas condujeron a la salida de gobiernos neoliberales y al surgimiento de gobiernos que han llevado a cabo reformas positivas como la nacionalización de sectores vitales de la economía y redefiniciones constitucionales transformadoras.Pero la derecha en el continente se está rearticulando aceleradamente para frenar cualquier proceso de cambios. Sigue actuando desde sus enclaves político, económico, mediático, judicial, a lo que se suma una nueva ofensiva del imperialismo - incluso militar - en su apoyo. Desde el anterior Foro Social Américas, realizado en Guatemala en 2008, presenciamos el golpe de estado en Honduras, el incremento de la presencia militar estadounidense a lo largo y ancho de nuestra América. Proliferan acuerdos de instalación de bases militares, operan la IV Flota en nuestros mares. Esto constituye un esfuerzo sistemático de desestabilización de la democracia en el continente, cada vez más se reprime y criminaliza a los movimientos sociales.

mercredi 4 août 2010

L'Amérique latine : Pôle de résistance et laboratoire social

Richard Neuville *

Cet article d'introduction aux expériences autogestionnaires latino-américaines a été publié dans le livre " Autogestion, hier, aujourd'hui, demain", coordonné par le Collectif Lucien Collonges, paru aux éditions Syllepse en mai 2010.

L’Amérique Latine a longtemps été un terreau fertile pour les expériences révolutionnaires. Depuis une vingtaine d’années, elle est probablement devenue le principal foyer de résistance à la mondialisation capitaliste et à l’hégémonie de l’Empire. La richesse et la diversité de ces expériences permettent de qualifier le sous-continent de véritable laboratoire social.

En janvier 1994, l’insurrection zapatiste contre l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) montre la voie de la résistance contre les institutions internationales. Elle est suivie une décennie plus tard par la mobilisation continentale contre l’accord de libre échange des Amériques (ALCA) et sa mise en échec lors du sommet de Mar del Plata en novembre 2005.

La campagne « 500 ans de résistance » à l’occasion du cinquième centenaire de la colonisation espagnole en 1992 marque l’émergence des mouvements indigènes contre la domination impériale et oligarchique. Elle est probablement un des événements les plus décisifs dans l’Amérique latine contemporaine. Dès lors, en Equateur puis en Bolivie et plus largement au niveau régional, les mouvements indigènes s’affirment de plus en plus comme de véritables acteurs sociaux et politiques.


mercredi 28 juillet 2010

Tremblement de terre politique et retour des Chicago boys au Chili

Revue Recherches Internationales / Revue Inprecor
par Franck Gaudichaud
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Une défaite qui vient de loin
Jeudi 11 mars, le milliardaire Sebastian Piñera a succédé officiellement à la présidente socialiste Michelle Bachelet. Elu chef de l'Etat, en janvier, le leader de Rénovation nationale (RN) conquiert la première magistrature au nom de la coalition « Alliance pour le Changement » (qui regroupe néolibéraux et ultraconservateurs). Ainsi que nous le rappelions au moment de l’élection, c’est un tournant historique et politique : le dernier président de droite élu était Jorge Alessandri, en… 1958. Se référant à la transition démocratique qui mit fin à la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1989), certains analystes n’hésitent pas à parler d’une « deuxième transition ». Après dix-sept ans d’un terrorisme d’Etat contre-révolutionnaire qui mit fin à l’expérience de l’Unité populaire de Salvador Allende, et à deux décennies d’une démocratie sous tutelle issue d’une « transition pactée », conduite par la Concertation des partis pour la démocratie — coalition entre le Parti socialiste (PS) et de le Parti démocrate chrétien (DC) —, le peuple chilien connaîtrait désormais les joies de l’alternance…[i]. Face au terne ex-président Eduardo Frei (DC), le médiatique Piñera -« Berlusconi chilien » avec bronzage permanent et dents éclatantes- a promis monts et merveilles à grands coups d’ingénierie marketing et télévisuelle : croissance soutenue de 6% destinée à faire oublier la crise capitaliste mondialisée, création d’un million d’emplois, combat de la pauvreté et surtout, accompagné d’un discours sécuritaire bien aiguisé, fin de la délinquance (du moins celles des classes populaires car les cols blancs ne seront sûrement pas inquiétés…).

dimanche 25 juillet 2010

Le Kérala : vers une démocratie pleine et entière...


Benoît Borrits *
23 juin 2010

On parle peu du Kérala, un État du sud de l'Union indienne. Pourtant, alors que depuis des années, nos gouvernements d'inspiration néolibérale produisent des contre-réformes qui s'inscrivent dans la permanence en dépit d'alternances politiques, nous avons ici le contre-exemple d'une coalition de partis de gauche, le Left Democratic Front, qui revient régulièrement au pouvoir et réalise des réformes progressistes qui durent et transforment la vie des habitants de cet État. Aujourd'hui, le Kérala fait bande à part dans l'Union Indienne, affichant un taux d'analphabétisme quasiment nul, une espérance de vie proche de celle de nos régions, un sex-ratio équilibré, une transition démographique achevée tout en ayant amorcé dans les dernières années un développement endogène à base de démocratie active et participative. Comme il existe relativement peu de littérature sur cet État et sa démocratie participative, l'objectif de ce papier est de résumer en quelques pages des données de diverses sources, principalement de langue anglaise, et de poser quelques questions qui pourraient intéresser toute personne pour qui le capitalisme est loin d'être la fin de l'Histoire. Il ne s'agit donc nullement d'un travail finalisé mais d'un appel à la découverte de cette expérience méconnue et pourtant passionnante.

samedi 26 juin 2010

ALBA de los Movimientos Sociales

X Cumbre ALBA-TCP con autoridades indígenas y afrodescendientes
Declaración de Otavalo


Hoy, los pueblos de nuestra América miran hacia el futuro con dignidad y patriotismo; eligen gobiernos y autoridades comprometidas con la transformación revolucionaria, con la edificación de Estados al servicio de sus poblaciones, que fortalecen sus instituciones democráticas y construyen sociedades libres que viven sus propias realidades, sin tutelajes.

Los países del ALBA asumimos esta nueva época del lado de los históricamente excluidos, pueblos indígenas, el pueblo afrodescendiente, mujeres, jóvenes, niños, niñas, ancianos, ancianas y personas con discapacidad.

Así, los Jefes de Estado y de Gobierno y Jefes de Delegación de los países que conformamos la Alianza Bolivariana de los Pueblos de las Américas – Tratado de Comercio de los Pueblos, ALBA-TCP, reunidos en la ciudad de Otavalo, Ecuador, junto con autoridades indígenas y afrodescendientes electas y designadas de la región.


lundi 14 juin 2010

Appel national en faveur de l’Initiative Yasuni-ITT en Équateur

Photo extraite du site officiel : http://yasuni-itt.gob.ec/  
Laissons le pétrole sous terre dans le parc Yasuni !


Nous, citoyens, militants pour l’environnement, collectifs et organisations écologistes, associations, partis politiques et syndicats, dénonçons l’échec du Sommet de Copenhague et appelons le gouvernement français et l’Union européenne à soutenir l’initiative Yasuni-ITT en
Equateur.
Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini), porté par des mouvements sociaux, est une des initiatives proposée par gouvernement équatorien afin de lutter contre le réchauffement climatique global. Il s’agit de ne pas exploiter quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní, une réserve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversité dans le monde et qui est habitée par des communautés indigènes d’Amazonie, les Tagaeri, les Taromenane et les Oñamenane (des peuples indigènes qui vivent en isolement volontaire et qui font partie de la nationalité Waorani) .

dimanche 13 juin 2010

Communiqué de Soutien Solidaire Urgent à la Commune Autonome de San Juan Copala Oaxaca - Mexique

Sommet des peuples - Madrid 16/05/2010 - photo RN

par Solidarité et Action pour les Peuples du Mexique
Le 12 juin 2010


Aux peuples d’Amérique Latine et du monde,

Aux femmes et aux hommes qui rêvent d’un meilleur lendemain et d’un monde différent,
Aux mouvements sociaux et aux organisations démocratiques,
Aux organisations des droits humains nationaux et internationaux,
Aux compagnons des médias libres et alternatifs,
A l’Autre Campagne et à la Sexta Internacional,


Suite aux récentes attaques perpétrées à l’encontre de la Commune Autonome de San Juan Copala, qui est en état de siège et fait face à une situation d’urgence, la solidarité et l’action des peuples, des organisations et des individus du Mexique et du monde est nécessaire. L’espoir de construire un monde plus juste et plus humain réside dans le droit à l’autodétermination, la dignité et la justice.
San Juan Copala est encerclée depuis plus de six mois par des paramilitaires armés de l’organisation UBISORT, en lien avec le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Les chemins sont bloqués, les habitants ne peuvent ni entrer ni sortir et se retrouvent sans électricité, sans accès à l’eau potable, aux soins et les écoles sont fermées. A cela s’ajoutent les tirs quotidiens des paramilitaires, de jour comme de nuit qui ont causé la mort de 21 personnes en cinq mois à peine.

Enlazando Alternativas 4 : Sommet alternatif des peuples à Madrid

Patricia Cavallera et Richard Neuville
Article paru dans Rouge & vert


En parallèle du sommet officiel Union européenne (UE) - Amérique latine et les Caraïbes (ALC) qui a réuni une soixante de chefs d’Etat, un sommet alternatif des peuples s’est tenu à l’Université Complutense de Madrid du 14 au 18 mai derniers. Après Guadalajara (2004), Vienne (2006) et Lima (2008), il s’agissait de la quatrième édition organisée par le réseau bi-régional « Enlazando alternativas » (Nouons des alternatives). Compte tenu des enjeux et de l’intérêt politique à participer à ce genre d’initiative, une délégation des Alternatifs était présente dans la capitale de l’Etat espagnol. Ce contre-sommet a été un succès indéniable du point de vue quantitatif au niveau de la participation (plus de 2500 militant-e-s associatifs, altermondialistes, féministes, syndicalistes et politiques représentant près de 150 organisations des deux continents) et qualitatif au niveau des débats. Pour ce bilan, nous avons retenu quatre actes auxquels nous avons participé : la session du Tribunal permanent des peuples, le forum d’ateliers autogérés, la manifestation et l’Assemblée des mouvements sociaux.