M. Colloghan

mercredi 3 juillet 2013

Brésil : Les dilemmes des mobilisations

Manifestation à Porto Alegre
Par le Coletivo Alternativa Autogestionária / Brasil / RS  *
(Traduction Richard Neuville)

Au mois de juin, le Brésil est devenu la scène la plus récente des mobilisations mondiales. Des milliers de personnes sont descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement. Le mouvement a commencé dans les principales villes et s’est étendu à toutes les capitales. Les petites villes de l’intérieur ont également été touchées par les manifestations. Beaucoup prétendent que le «géant s'est réveillé ». Mais qui est réellement ce géant et que veut-il ?


Porto Alegre pionnière
Tout d’abord, nous devons nous interroger sur l’origine de ces manifestations. Les médias bourgeois et certains partis politiques tentent d’affirmer qu’il s’agit d’un mouvement de rue spontané. Ce n'est que partiellement vrai. Ils oublient de dire que ces mobilisations sont survenues alors que d’autres étaient en gestation.

Les élections municipales de l'année 2012 ont été marquées par l’absence de projets pour les villes. La plupart des partis ont tenu un discours de bon gestionnaire en dépolitisant l'élection. Parallèlement, les problèmes de la ville ont commencé à être débattus par d'autres acteurs organisés. Parmi eux, il convient de mentionner le mouvement "Masse critique", qui interroge la place de la voiture dans la ville et exige la construction de pistes cyclables ; le mouvement contre l’expulsion des résidents dans les zones de construction pour la Coupe du Monde (qui sera au Brésil en 2014) et le mouvement «Défense publique de la joie » qui lutte contre la privatisation des espaces publics (parcs, places et d'autres parties de la ville qui sont sous le contrôle d’entreprises privées).

L'élection passée, la municipalité de Porto Alegre a répondu favorablement à une nouvelle demande d'augmentation des tarifs de bus. Au même moment, le maire José Fortunati et son adjoint ont décidé de couper plusieurs arbres d'un passage piétonnier public pour élargir une avenue. Ce chantier fait partie de ce que l’on appelle les «chantiers de la Coupe". C’est ainsi que le mouvement contre la hausse des tarifs de bus a débuté. Le mouvement d’opposition à cette politique a commencé timidement par de petites manifestations, il a pris réellement forme grâce aux réseaux sociaux jusqu’à compter plus de dix mille personnes. La victoire a été obtenue suite à la décision de justice de supprimer l'augmentation du tarif.

Le résultat de Porto Alegre s’est répandu dans les principales capitales du Brésil. A São Paulo et à Rio de Janeiro, plusieurs manifestations ont été organisées contre l’augmentation des tarifs d'autobus, contraignant les gouvernements à reculer et, dans certains cas, à réduire les tarifs.

A mesure que cette première revendication commençait à être satisfaite, les manifestations en ont exprimé de nouvelles, dont certaines très importantes concernant la santé et l'éducation. Les revendications qui s’adressaient initialement aux municipalités ont pris une toute autre dimension en interpellant les gouverneurs et la présidente du pays.

Des conservateurs en « dispute »
Au début des mobilisations, la réaction des médias contrôlés par le réseau Globo consistait à décrédibiliser les manifestations. Quand celles-ci sont devenues massives et que les médias ne pouvaient plus nier leur soutien populaire, il y a eu un retournement dans la ligne éditoriale des télévisions et des journaux. Ils ont alors commencé à soutenir les manifestations et à critiquer les interventions les plus violentes de la police. C'est ainsi qu’ils ont incité des manifestants à exprimer des revendications parmi les plus conservatrices, comme celles des réductions d'impôts et la fin de la corruption. La première, sans contenu de classe, porte la bannière des chefs d’entreprises ; la seconde masque le véritable moteur de la corruption qu'est le capitalisme lui-même.

Cette vague conservatrice a eu un impact immédiat sur les manifestations. Celles-ci ont vu l’apparition de drapeaux « vert et jaune » (drapeau national) et l'hymne national a été chanté. Les manifestants conservateurs qui exigeaient une manifestation sans violence ont harcelé les manifestants qui brandissaient des drapeaux de partis, mouvements ou de syndicats. Il y a même eu une infiltration de groupes d'extrême-droite clairement identifiés qui ont persécuté les militants de gauche.

L'émergence de cette violence dirigée contre la gauche a conduit les militants des différentes organisations à réaliser que nous étions dans un moment délicat de la mobilisation. D'un côté, les manifestations de rue étaient en train de démontrer la rupture avec l’état de grâce de dix ans avec le gouvernement du PT et, de l’autre, elles démontraient également que la droite était organisée et pouvait récupérer les mobilisations populaires.

Ces dernières semaines, une politique de la peur a été créée, principalement diffusée via les réseaux sociaux, qui déclarait que le mouvement de la rue avait été repris par des fascistes, des nazis et des militants d'extrême-droite en général dans le but de renverser le gouvernement PT et la présidente Dilma.  Des coups d’Etat de la droite ou militaire ont même été évoqués. Des pages internet "indiquaient" même que le Parti militaire brésilien proposait un candidat à la présidence et que d’autres étaient à la recherche de candidats possibles. Avant les manifestations, des médias, en particulier le réseau de télévision Globo sont allés jusqu’à interrompre leur programmation pour donner leur version sur ce qui se passait dans le pays. Ceux qui ont lu les messages croyaient que la gauche avait été expulsée du mouvement par la droite qui grandissait dans les rues.

La crise du capitalisme qui dure depuis de nombreuses années et les pays où elle ne semblait pas avoir d'impact précédemment, ce qu’indiquaient leurs dirigeants, sont à présent concernés par l'ampleur du problème et l'impact a certainement été, comme toujours, plus fort pour les couches les plus pauvres de la société. Oui, le Brésil ressent également la crise du capitalisme. Bien que de nombreux journaux internationaux, avant ces manifestations, aient valorisé la très bonne politique et la solidité économique, ils ont été surpris par ces manifestations de mécontentement de la population. Il est alors compréhensible, d’après ce tableau, pourquoi l’approbation et le soutien de la population aux manifestations est si grand.

La police brésilienne, qui a longtemps servi à maintenir les conservateurs au pouvoir, semble souffrir de plus en plus d'une sorte de syndrome de Stockholm, dans laquelle une victime après un enlèvement, une agression, ou n’importe quelle autre violence, peut développer émotionnellement une sorte d’identification avec son bourreau, en se défendant quel qu’en soit le prix. Dans le cas de la police brésilienne, il semble que ce syndrome se soit développé à grande échelle, comme celui de l’appartenance à des catégories de travailleurs les plus exploités dans ce pays même si elle reste encore ferme dans la défense du gouvernement et des intérêts des grandes entreprises. A Porto Alegre, au cours de la marche du 20 Juin, ce que nous avons pu observer était une défense des opprimés tout en maintenant les dispositifs de leur oppression. Des dizaines de policiers militaires avaient été déployés pour protéger spécifiquement la construction de la RBS des manifestants qui n'avaient aucune possibilité de s’approcher pour crier leurs slogans. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est RBS, ce n'est pas un organe de pouvoir public, il s’agit d’un groupe de télécommunications, créé en 1957, filiale de Globo, qui possède un grand nombre de médias conservateurs largement diffusés dans le Sud : du journal Zero Hora, Diário Gaúcho, à la télévision locale TV Com, aux radios comme Radio Rural, Atlântida, Itapema, parmi beaucoup d'autres, formant quasiment un monopole de l'information.

Cependant, la réalité se situe bien au-delà de ce que les médias tentent de faire croire aux gens et l'histoire des manifestations au Brésil se construit tous les jours de manière inattendue.


La recomposition de la gauche
Ce scénario a contribué à ce que de nombreuses organisations de gauche, comme les anarchistes, le Parti socialisme et liberté (PSOL), le Parti socialiste des travailleurs unifié (PSTU), le Parti Communiste Brésilien (PCB) et de nombreux autres mouvements sociaux s’entendent au niveau national pour agir de manière unitaire dans les rues, avec leurs propres banderoles et leurs slogans. Le 24 Juin, la gauche est parvenue à ancrer les manifestations dans le camp populaire.

Le 24 Juin, ce qui s’est vu via les réseaux sociaux, n'a pas été mentionné par les médias télévisés qui ont concentrés leur attention sur les vols dans la ville. Ce jour-là, il y a eu une pause dans le discours médiatique concernant la caractérisation du  mouvement, à savoir s’il était non partisan, antiparti, contre les mouvements sociaux, une grande mobilisation de la gauche. Alors que cette dernière s’est unie pour exprimer son droit à manifester et pour proposer un axe de luttes susceptible de changer la situation dans le pays en parvenant à réunir un grand nombre de personnes dans les rues. De nombreuses personnes portaient des drapeaux, des banderoles et des affiches représentant leurs organisations politiques.

Les médias dressent un tableau simpliste de ce qui se passe réellement au Brésil. D'une part, il y a ceux qui disent qui sont les véritables manifestants, qui crient pour la paix et apportent des fleurs aux flics ; de l’autre, ils sont décrits comme des "voyous" qui investissent les bâtiments de la puissance publique, qui veulent seulement crier contre la corruption -qui est un mot d’ordre clair- qui expriment des slogans, qui se défendent contre les excès de la police, mais aussi contre-attaquent. Au milieu de tout cela, dans de nombreuses villes, des actes de pillage et de vandalisme se déroulent. Et comment les médias les montrent-ils ? La vérité ne les intéresse pas, ils ne veulent pas faire une lecture qui plus ou moins serait le reflet des contraintes du capitalisme et le résultat du fétichisme de la marchandise. Dans chaque photo, dans chaque vidéo, les personnes qui ont investi les magasins ou les banques, voulaient détruire les symboles de l'exploitation, conscientes ou inconscientes, de ce qu'elles faisaient, en montrant leur colère, leur anxiété et leur besoin. Il y avait des voleurs, ce qui peut occasionner une analyse hâtive si nous ne sommes pas plus attentifs, mais les actions de vol et de colère impliquent une lecture plus large que celle-ci. Les vols ont concerné des objets qui ne sont pas essentiels à la vie : des téléviseurs, des appareils électroménagers, des chocolats, des pièces automobiles, de la gomme, des magazines, des livres ... Ils voulaient consommer. Comment pouvons-nous analyser ce signal de la part de marginalisés qui sont prêts à prendre ce dont ils sont privés par chaque jour de travail aliéné ou de chômage ? Comment pouvons-nous analyser cela ?

Cette manœuvre consistant à créer un simple dualisme, cherche à criminaliser tous ceux qui s'opposent à l’Etat ou à l’ordre du capitalisme. Le 21 Juin, par exemple, la Fédération Anarchiste Gaucha a signalé que le siège du mouvement anarchiste, l’Athénée libertaire, a été perquisitionné par la police sans ordonnance judiciaire. Où est le droit à la libre expression politique ? Dans quel pays démocratique sommes-nous ? La démocratie au Brésil est un mensonge qui s’exprime plus clairement que jamais.

L'union de la gauche, l’augmentation des manifestations, l'émergence de mobilisations dans les banlieues -malgré la répression de la police plus violente dans ces quartiers que dans les zones centrales des villes (Le Complexe da Maré, Rio de Janeiro, 9 ont été tués après une manifestation lorsque la BOPE s’y est rendue le 24 Juin)- la consolidation d'un programme qui vise l’obtention de droits réels pour la population portés à l'attention des gouvernements pour qu’ils reprennent les textes normatifs qui sont importants pour la garanties des droits, compte tenu de l'ampleur des manifestations, tout ceci constitue un bon rythme de progression pour un avenir qui reste à construire dans chaque combat, dans chaque occupation d’espaces, dans chaque territoire.

Les manifestations sont nécessaires et ne se termineront pas après la réduction tarifaire, ou n’importe quel droit affirmé, il est nécessaire d’obtenir plus de résultats, de permettre aux personnes de s’émanciper contre l'exploitation, l'oppression et, en particulier, contre le principal coupable de la situation sociale, politique et économique du pays et du monde caractérisée par le capitalisme.

Coletivo Alternativa Autogestionária / Brasil / RS
(Collectif pour une alternative autogestionnaire / Brésil / Rio Grande do Sul)
Le 27 juin 2013
(Traduction Richard Neuville)
* Les Alternatifs entretiennent des relations avec cette organisation. Des membres de ce collectif ont participé à la rencontre internationale RAGA (Red and Green Alternative) qui s’est tenue en juillet 2012 à Istanbul.

Texte original
Os dilemas das mobilizações brasileiras

No mês de junho, o Brasil se transformou no palco mais recente das mobilizações mundiais. Milhares de pessoas saem às ruas para manifestar o seu descontentamento. O movimento começa pelas principais cidades e se espalha por todas as capitais. Atualmente, até pequenas cidades do interior tem sediado diversas manifestações. Muitos afirmam que o “gigante acordou” Mas quem é esse gigante e o que ele quer?

O pioneirismo porto-alegrense
O primeiro que devemos perguntar é de onde surgem estas manifestações. A mídia burguesa e alguns partidos políticos tentam afirmar que esta vem do espontaneísmo das ruas. Esta é apenas parte da verdade. O que falta afirmar é que estas mobilizações são decorrentes de outras que vinham gestando este movimento.

As eleições municipais de 2012 foram marcadas pelo esvaziamento de projetos de cidade. A maioria dos partidos assumiram o discurso do bom gestor despolitizando a eleição. Em paralelo a isso, os problemas da cidade começam a ser discutidos por outros atores organizados. Entre eles devemos citar o movimento “Massa Crítica” que questiona o espaço dos carros na cidade e exige a construção de ciclovias; o movimento contra a remoção dos moradores em áreas de obras da Copa do Mundo (que em 2014 será no Brasil) e o movimento “Defesa Pública da Alegria” que luta contra a privatização de espaços públicos (praças, largos e outros pontos da cidade que estão sob controle de empresas privadas).

Passada a eleição, a prefeitura de Porto Alegre atende uma nova solicitação de aumento das passagens de ônibus. Junto a isto, o prefeito José Fortunati e seu vice decidem cortar várias árvores de um passeio público para a ampliação de uma avenida. Esta obra faz parte das chamadas “obras da Copa”. Iniciou-se então um movimento contra o aumento da tarifa de ônibus. O movimento de crítica a esta política começou tímido, com pequenas manifestações, foi tomando corpo através das redes sociais até chegar a contar com mais de dez mil pessoas. A vitória veio com a decisão da justiça de suprimir o aumento.

O resultado de Porto Alegre se espalhou pelas principais capitais do Brasil. Em São Paulo e Rio de Janeiro foram organizados vários protestos contra o aumento da passagem de ônibus que obrigaram os governos a recuar e, em alguns casos, até a diminuir o valor da tarifa cobrada.

À medida que esta primeira reivindicação começava a ser atendida, as manifestações começaram a receber novas pautas de reivindicação. Algumas inclusive muito amplas como saúde e educação. A pauta que era direcionada aos governos locais começa a tomar outra dimensão e questionar governadores e a presidente do país.

A disputa dos conservadores
No início das manifestações, a reação da mídia capitaneada pela Rede Globo foi a de desmoralizar as manifestações. Quando estas se tornaram massivas e a mídia já não podia negar o seu apelo popular, houve uma mudança na linha editorial das tevês e jornais. Os mesmos começaram a defender as manifestações e criticar as ações mais duras da polícia. Assim começou a tentativa de levar aos manifestantes pautas mais conservadoras, entre elas se destacam a diminuição de impostos e o fim da corrupção. A primeira, sem qualquer conteúdo de classe é uma bandeira dos empresários, a segunda, esconde o verdadeiro motor da corrupção que é o próprio capitalismo.

Esta onda conservadora teve uma repercussão imediata nas manifestações. Estas foram tomadas por bandeiras verde-amarelas, cantava-se o hino nacional. Os mesmos manifestantes que exigiam uma manifestação sem violência hostilizavam os manifestantes que levavam bandeiras de partidos, movimentos ou centrais sindicais. Houve até uma infiltração de grupos de extrema-direita que identificavam e perseguiam os militantes de esquerda.

O surgimento desta violência direcionada à esquerda levou os militantes de diferentes organizações a perceber que estávamos num momento delicado. Se por um lado as manifestações de rua estavam provando que tinha se quebrado o encanto de dez anos de governo do PT, também demonstravam que a direita estava organizada e podia levar para si os créditos das mobilizações populares.

Criou-se nas últimas semanas uma política do medo, principalmente disseminada via redes sociais, em que se afirmava que o movimento das ruas havia sido tomado por fascistas, nazistas e militantes de direita, em geral, para depor o governo PT, da presidente Dilma. Falava-se tanto de um Golpe da Direita, quando de um Golpe Militar. Havia na internet páginas que “indicavam” isso, desde a do próprio Partido Militar Brasileiro, em que aparecia um candidato a presidência e pesquisa sobre possíveis candidatos, até a postura da mídia diante das manifestações, principalmente, da Rede Globo de Televisão, que interrompeu sua programação para dar sua versão sobre o que estava acontecendo no país. Quem lia as postagens acreditava que a esquerda havia sido escorraçada pelo movimento da direita que crescia nas ruas.

A crise do capitalismo vem nos acompanhando por muitos anos e os países aonde antes parecia não haver impacto, como diziam seus governantes, já sentem a extensão do problema, e certamente o impacto tem sido, como sempre, com maior intensidade nas camadas mais pobres da sociedade. Sim, o Brasil também sente a crise do capitalismo embora muitos jornais internacionais, antes destas manifestações faziam crer que aqui estava tudo muito bem política e economicamente e tenham recebido com surpresa as manifestações de insatisfação da população. Compreende-se então, diante deste quadro, por que é tão grande a aprovação e adesão da população às manifestações.

A polícia brasileira, que a muito serve para manter os conservadores na disputa, parece estar sofrendo cada vez mais de uma espécie de Síndrome de Estocolmo, aquela em que um vítima pode desenvolver emocionalmente, após um sequestro, assalto, violência qualquer, uma espécie de identificação com seu algoz, defendendo este a qualquer preço. No caso da polícia brasileira nos parece que esta Síndrome vem se desenvolvendo em larga escala, pois sendo entre a categorias de trabalhadores ela uma das mais exploradas no país mesmo assim esta permanece firme em defesa do governo e dos interesses dos grandes empresários. Em Porto Alegre, na marcha de 20 de junho, o que se viu foi o oprimido defendendo um dos aparelhos de manutenção da sua opressão. Dezenas de policiais militares foram deslocadas para proteger específicamente o prédio da RBS de manifestantes que nem tiveram muitas chances de se aproximar para gritar palavras de ordem. Para quem não sabe o que é RBS, não é um órgão do poder público, mas um Grupo de Telecomunicações, criado em 1957, afiliado da Globo, que possui o um grande número de veículos de comunicação conservadores de ampla circulação no sul do país: desde o jornal Zero Hora, Diário Gaúcho, até televisão local como TV Com, rádios como Rádio Rural, Atlântida, Itapema, entre muitas outras, formando quase um monopólio da informação.

Entretanto, a realidade está muito além do que as mídias tentam fazer a população crer e a história das mobilizações no Brasil tem se construído a cada dia de modo inesperado.

A recomposição da esquerda
Este cenário fez com que diversas organizações de esquerda como os anarquistas, o Partido Socialismo e Liberdade (PSOL) o Partido Socialista dos Trabalhadores Unificado (PSTU), o Partido Comunista Brasileiro (PCB) e muitos outros junto com movimentos sociais fizessem um acordo nacional para atuar nas ruas de forma unificada, levando às suas bandeiras e palavras de ordem. No dia 24 de junho a esquerda conseguiu disputar as manifestações para o campo popular.

No dia 24 de junho, o que se viu via redes sociais, não foi mencionado pelas mídias televisivas que focaram suas atenções nos roubos pela cidade. Neste dia ocorreu uma quebra no discurso de quem o movimento era apartidário, anti-partidário, contra movimentos sociais, uma vasta organização da esquerda, que se uniu por seu direito a manifestar-se e propor um eixo de lutas que realmente podem modificar a situação do país levou um número imenso de pessoas paras ruas. Várias pessoas estavam com bandeiras, faixas e cartazes representando suas organizações políticas.

Pela mídia vemos um quadro simplificado do que realmente está acontecendo no Brasil, de um lado dizem eles existem aqueles que são os verdadeiros manifestantes, que gritam por paz e levam flores aos policiais, do outro, os “vândalos” aqueles que quebram prédios do Poder Público, que querem mais que gritar contra corrupção, que é uma pauta óbvia, que picham frases de ordem, se defendem dos desmandos da polícia, mas também contra-atacam. No meio disso tudo, em muitas cidades vem acontecendo saques e depredações. E como a mídia lê os saques? Na verdade não lhes interessa fazer uma leitura disso, pois os saques são um reflexo das imposições do capitalismo, são resultado do fetiche da mercadoria. Em cada foto tirada, em cada vídeo, as pessoas que investiam contra lojas ou bancos, queriam destruir aqueles símbolos da exploração, conscientes ou inconscientes do que faziam, mostravam ódio, ansiedade, angústia, necessidade. Haviam sim ladrões e isso pode ocasionar uma análise apressada se não formos mais atentos, porém as ações de roubo e fúria tem uma leitura mais ampla que esta. Os roubos foram de objetos que não eram essenciais a vida: televisores, eletrodomésticos, chocolates, peças de carros, chicletes, revistas, livros...Eles queriam consumir. Como podemos ler isso senão os marginalizados querendo tomar aquilo que lhes énegado em cada dia de trabalho alienado ou desemprego? Como podemos ler isso?

Essa manobra de criar um simples dualismo, busca criminalizar a tudo e a todos que se opuserem ao Estado ou a ordem do capitalismo. No dia 21 de junho, por exemplo, a Federação Anarquista Gaúcha denunciou que uma sede do Movimento Anarquista, o Ateneu Libertário, foi invadida por policiais sem nenhuma ordem judicial. Onde está o direito a livre expressão política? Que país democrático é este? A democracia no Brasil é uma mentira que agora fica mais clara que nunca.

A união da esquerda, a ampliação das manifestações pelo Brasil, o surgimento de mobilizações nas periferias a despeito da opressão policial ser mais violenta lá do que nas zonas centrais das cidades (no Complexo da Maré, Rio de Janeiro, foram 9 morto, depois da manifestação quando o BOPE, entrou lá no dia 24 de junho), a consolidação de uma pauta que busca os direitos reais da população, a atenção dos governos que vem retomando textos normativos que eram importantes para a garantia de direitos, após perceberem a dimensão das manifestações, constituem um ótimo ritmo de caminhada para um destino ainda por se construir em cada luta, em cada ocupação de espaços, em cada articulação.

As manifestações são necessárias e não acabarão diante da redução de uma tarifa, ou de um direito qualquer afirmado, é necessário que dêem mais resultados e acorde as pessoas contra a exploração, a opressão, e principalmente, contra o principal culpado pela situação social, política e econômica do país e do mundo: o capitalismo.

Coletivo Alternativa Autogestionária/Brasil/RS

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