M. Colloghan

mercredi 10 juillet 2013

Les alternatives autogestionnaires dans le travail face à la crise économique globale

4e Rencontre internationale de l'économie des travailleurs
9-12 juillet 2013, João Pessoa, Paraïba, Brésil

Dans un contexte international où la crise globale capitaliste mondiale affecte toujours plus les pays européens, et spécialement ceux de la zone méditerranéenne, la seule réaction des gouvernements consiste à appliquer les mêmes recettes qui ont été testées dans le reste du monde qui accentuent l’appauvrissement, le chômage structurel, la marginalisation et la précarisation des majorités sociales qui vivent de leur travail. De grands mouvements de protestation apparaissent dans les pays « développés » les plus affectés par la crise, remettant à l’ordre du jour la nécessité d’une gestion de l’économie qui ne satisfasse pas seulement les besoins sociaux mais qui soit entre les mains des travailleurs et des travailleuses.

Dans les pays du Tiers-monde, notamment en Amérique Latine, de grands mouvements sociaux, les organisations populaires et les mouvements de travailleurs ont développé des processus d’organisation de base qui, dans de nombreux cas, se sont exprimé par l’autogestion des unités économiques productives ou de services comme c’est le cas des entreprises récupérées par leurs travailleurs et d’autres formes d’autogestion du travail, tant urbaines que rurales. Dans certains cas, ces mouvements populaires sont parvenus à s’exprimer au niveau des gouvernements, comme on peut le voir dans plusieurs pays sud-américains, en plaçant la question du  rôle des Etats comme interlocuteurs possibles pour impulser ces processus bien qu’étant à la fois objet de « dispute » et appareil de pouvoir traditionnel, et en mettant de nouveau en débat la relation entre le pouvoir de l’Etat et l’autonomie du mouvement populaire.

La Rencontre internationale « L’économie des travailleurs » vise à mettre ces questions et d’autres liées à la lutte des travailleurs et des travailleuses en débat  entre différentes perspectives et contextes nationaux, tout en articulant le milieu universitaire intéressé par ses luttes avec les travailleurs et les militants sociaux. Le but est de créer un espace de débat qui s’est développé à partir de la perspective des expériences d’autogestion économiques des travailleurs en tant que point de départ. Les entreprises récupérées, les expériences d’autogestion dans le travail, les coopératives, les mouvements de travailleurs organisés syndicalement, les travailleurs ruraux, les mouvements sociaux, les courants politiques et les intellectuels, entre autres, avons mis en place cette rencontre à laquelle des représentants d’une vingtaine de pays ont participé aux différentes éditions.

Nous rappelons ici ce que nous avions souligné dans les documents des appels précédents : « Bien que de forme disparate et non hégémonique, les différents secteurs et expressions d’une classe ouvrière de plus en plus diversifiées expérimentent des alternatives qui ne se limitent pas à la sphère économique mais qui s’ancrent dans des processus culturels plus larges, fondés sur des rapports non-capitalistes, qui préfigurent des espaces où peuvent se discuter les relations internes de pouvoir et de genre, comme la relation avec la communauté ». Ces processus, présents dans les usines récupérées et les entreprises autogérées émergentes, démontrent que les travailleurs donnent à voir à l’humanité un modèle alternatif plus humain et économiquement viable que celui que représente le néolibéralisme. L’objectif de cette rencontre est de poursuivre l’examen et la systématisation de ces expériences, à la fois dans la critique et la résistance vis-à-vis de la gestion de l’économie par les capitalistes, comme dans l'élaboration de leurs propres moyens de conduite.

Cette IVe Rencontre que nous convoquons, se tiendra dans le nordeste du Brésil, dans l’Etat de Paraíba. Elle est organisée par la Couveuse d’entreprises solidaires – INCUBES, de l’université fédérale de Paraíba et le Programme Faculté Ouverte de l’université de Buenos Aires.

Les Précédentes éditions
La rencontre internationale « L’économie des travailleurs », dont la première édition a eu lieu à Buenos Aires en juillet 2007 avec pour thème « L’autogestion et la redistribution de la richesse », avait été convoquée par le Programme Faculté Ouverte de la Faculté de philosophie et de lettres de l’université de Buenos Aires et co-organisée par des institutions universitaires, des organisations sociales et de travailleurs d’Argentine et de plusieurs pays. Elle a permis la mise en place d’un espace d’échanges entre universitaires, militants et travailleurs proches des problèmes et des possibilités d’autogestion et de le renouvellement d’un projet politique, économique et de société de la part de la classe ouvrière et des mouvements sociaux, ainsi que pour débattre d’une manière critique des pratiques de recherche universitaire sur ces sujets. Déjà lors de sa première édition, il y eut une forte empreinte de l’expérience des entreprises récupérées et autogérées argentines mais lors des deux suivantes (réalisées à Buenos Aires en 2009 et à Mexico en 2011), les débats ont largement dépassé le cas particulier de l’Argentine avec une projection internationale, qui recherche dans les différentes expériences de l’ensemble de la classe ouvrière et des mouvements sociaux l’émergence d’un projet économique, politique et social alternatif à la pensée unique du capitalisme néolibéral mondial. En ce sens, les thèmes et les axes de discussion de la réunion se sont diversifié, en s’élargissant à différents domaines de luttes sociales et de la pensée critique, mais sans renoncer à la spécificité que son titre indique : comment penser, débattre et construire une économie à partir des travailleurs et l'autogestion.

Parmi les thèmes :
- Analyses du management capitaliste de l'économie et propositions pour l'autogestion.
- La nouvelle crise du capitalisme mondialisé: réflexions du point de vue de l'économie du travail.
- La trajectoire historique de l'autogestion : des communautés traditionnelles au mouvement ouvrier.
- État de l'autogestion : problèmes et possibilités.
- Autogestion et genre : une démocratie à créer.
- Analyse de l'expérience socialiste passée et à venir.
- Nouveaux mouvements et nouvelles réponses à la crise économique globale : quelles perspectives pour la lutte pour l'autogestion.
- Les défis auxquels font face les gouvernements populaires: pour la gestion sociale de l'économie et de l'État.
- La pédagogie de l'autogestion.

Le comité d'organisation : Incubator for Social Enterprises (INCUBES);  Federal University of Paraíba, João Pessoa, Brési;  Départment of Social Relations of the Autonomous Metropolitan University-Xochimilco, Mexique; Programa Facultad Abierta (Open Faculty Program), Faculty of Philosophy and Letters, University of Buenos Aires, Argentine; Núcleo de Solidariedade Técnica (SOLTEC/UFRJ).

Les organisateurs :  Instituto de Filosofía (Cuba); Facultad de Filosofía e Historia de la Universidad de La Habana (Cuba); Centro para la Justicia Global (San Miguel de Allende, Mexique); Programa de Antropología e Historia de la Relación Capital-Trabajo en el contexto contemporáneo, Centro de Estudios Avanzados, Universidad Nacional de Córdoba (Argentine); Proyecto Argentina Autonomista; Federación Argentina de Trabajadores de Cooperativas Autogestionadas;  UNESP/Marília; Núcleo de Apoio às Atividades de Extensão em Economia Solidária – NESOL/USP; Núcleo de Estudos sobre o Trabalho Humano – NESTH/UFMG. 

(Traduction du castillan Richard Neuville) 
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