lundi 20 décembre 2010

Bilan du procès de la dictature chilienne


Le bilan du procès historique contre la dictature chilienne s'est déroulé du 8 au 17 décembre 2010 à la Cour d’Assise de Paris, réalisé par l'Association des ex prisonniers chiliens - France :

La Conférence de Presse au Centre d’Accueil de la Presse Etrangère (CAPE), le Dossier de presse; les évènements quotidiens; les dessins de Tardi, ami solidaire et généreux; ainsi que l’affiche de Placide ; quelques articles dans les journaux et revues, quelques interviews avec les participants, des photos – surtout celle de la manifestation, finale de bilan du Procès français de la dictature chilienne-

vous pouvez voir tout cela en cliquant sur les liens suivants :

Ces villes qui tentent de se libérer du pétrole

Sophie Chapelle
Cet article sur les villes en transition aux Etats-Unis et initialement publié sur Bastamag.net est reproduit ici avec une vidéo réalisée dans le cadre du projet Alter-Echos.
http://alter-echos.org/grand-angle/ces-villes-qui-tentent-de-se-liberer-du-petrole/



Aux pieds des montagnes Rocheuses, dans le Colorado, la ville de Boulder, tente l’impossible : se libérer du pétrole au pays des road movies, des drive in, de l’essence peu chère… et des plus grosses émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde. L’objectif, pour les 300.000 résidents de ce bastion démocrate, est de passer d’une consommation annuelle de neuf barils de pétrole par personne, à un seul.
L’une des chevilles ouvrières de cette révolution locale s’appelle Michael Brownlee. Ancien journaliste, il a été chercher l’inspiration en Grande-Bretagne, là où est né un étrange mouvement, celui des « villes en transition ». Le concept est lancé en 2006 par un enseignant en permaculture, Rob Hopkins. Celui-ci demande à ses étudiants d’identifier les dépendances au pétrole de la ville de Kinsale, dans le Sud de l’Irlande. Dans la foulée, les chercheurs élaborent un scénario de descente énergétique ambitieux, mais réaliste, d’ici 2030. C’est de cette expérience qu’émerge le concept de « transition ». Le défi est majeur : éviter aux populations les dramatiques conséquences d’un pic pétrolier trop brutal (l’épuisement progressif des ressources pétrolières) et contribuer concrètement à la lutte contre les dérèglements climatiques, sans attendre d’hypothétiques accords internationaux. Le Manuel de Transition : De la dépendance au pétrole à la résilience locale de Rob Hopkins vient d’ailleurs d’être traduit en français (aux éditions Ecosociété avec la revue Silence).

samedi 11 décembre 2010

L'autogestion hier et aujourd'hui, que reste-t-il de nos amours ?

La démocratie participative dans les pas de l'autogestion ?
Etude (1) en partenariat avec l'ADELS
avec le soutien de l'association "les Amis de Tribune Socialiste"
rapport intermédiaire décembre 2008
Pierre Thomé

Présentation

Au début de l'année 2008, la proximité du 40ème anniversaire de mai 68 n'y étant pas pour rien, des militants ex PSU(2) ou CFDT se sont retrouvés pour échanger de l'actualité politique. Un moment l'un d'entre eux a posé cette question : "l'autogestion a pratiquement disparu du discours politique, vous savez pourquoi ?" Silence abyssal de quelques instants… et jaillissement de la parole genre brainstorming dont on retiendra :

• certains courants politiques évoquent encore l'autogestion, comme "les Alternatifs Rouge et Vert" où l'on retrouve des anciens du PSU, comme aussi différents mouvements Libertaires

• la gauche de "gouvernance" a, semble-t-il, abandonné le concept : le PS, les Verts n'en parlent plus, le PCF l'évoque de temps en temps mais non comme un projet de société

• il existe encore de nos jours des pratiques autogestionnaires, par exemple dans des SCOP, des associations, des mouvements sociaux …

• aujourd'hui, on parle de démocratie locale, participative, de citoyenneté … Ces idées, ces pratiques, s'inscrivent-elles dans les pas de l'autogestion ? Et si oui en quoi ?

La centralité du statut autogestionnaire contre tout rapport de domination salarial

SAMARY Catherine
1er janvier 2008



Le statut autogestionnaire, reconnaissant à chaque être humain des droits et revenus de base associés à une appropriation collective des grands moyens de production est au coeur d’une remise en cause du rapport salarial. Celui-ci doit être aboli en tant que rapport de domination, qu’il se situe dans le cadre du capitalisme ou d’un Etat se proclamant socialiste. Mais cela ne signifie ni la fin des revenus monétaires, ni la rigidité des emplois ; encore moins la remise en cause d’une mutualisation des risques et des droits que le salariat a conquis, de façon précaire, contre le capitalisme et que le socialisme peut garantir.


Sommaire
• Reprendre les débats sur le socialisme
• Connaître et apprendre de l’expérience yougoslave
• Quelques leçons de l’expérience : Quel statut du travailleur/citoyen ?

Le Mexique, symbole de l’hypocrisie écologique

Conférence de Cancún
Par Sophie Chapelle (7 décembre 2010)

À Cancún, on n’est pas à un paradoxe près. La station balnéaire qui accueille les négociations sur le climat est ravagée depuis 35 ans par une frénésie immobilière, au mépris de l’écologie. De nombreuses populations mexicaines sont victimes de désastres socio-environnementaux. Pour dénoncer les décisions du gouvernement qui ont entrainé « un des plus hauts niveaux de dévastation environnementale de la planète », des caravanes ont sillonné le pays, en amont des négociations.

Nos gouvernements ont-ils décidé d’user de l’ironie ? Le choix de Cancún (Mexique) comme ville d’accueil des négociations sur le climat prête à la réflexion. Ou à la colère. Au cœur de la lagune, des forêts vierges et des plages immaculées, se sont élevées des centaines de tonnes de béton, d’acier et de verre. En l’espace de 35 ans, politiciens, promoteurs et transnationales ont fait de Cancún, « le rêve des banquiers » [1]. Pas moins de 36.000 chambres d’hôtel ont été construites depuis 1975 fragilisant la côte et l’exposant aux déchaînements de la nature.

jeudi 9 décembre 2010

Appel pour l’organisation d‘un Forum de Migrants à Bruxelles

Samedi 18 Décembre 2010

La marche vers Dakar 2011 pour « Une autre politique migratoire est possible »

Dans le cadre des préparatifs et des mobilisations pour le Forum Social Mondial qui se tiendra à Dakar en Février 2011, et conformément aux décisions prises lors de la tenue du Conseil International du FSM à Rabat en Mai 2009, un Forum des Migrants se tiendra à Bruxelles.

Le choix d’une ville européenne est une confirmation des prolongements sociaux du Maghreb du fait des millions de maghrébins résidents en Europe, c’est aussi le choix d’une convergence des luttes pour la citoyenneté ici et la-bas, de la convergence des luttes pour la liberté de circulation, contre le racisme, contre les choix sécuritaires au détriment du respect de la dignité et des droits de la personne.

La révolution yougoslave et l’autogestion

SAMARY Catherine,
1er août 2009, n°15360


Alors que la gabegie sociale et écologique de ce capitalisme en crise n’est plus à démontrer, bien des replâtrages seront proposés : même les nationalisations « provisoires » (comme on nous le répète pour qu’on ne s’y trompe pas), voudront préserver comme « valeur de base », le droit de propriété capitaliste, présenté comme « droit de propriété » tout court, alors qu’il camoufle le droit inhumain de « jeter » d’autres êtres humains à la rue, comme des marchandises inutilisables.

Le droit alternatif qui implique une révolution copernicienne, est celui de l’autogestion : c’est à dire le droit de tous les êtres humains à être maîtres de leur travail, à titre individuel et solidaire, sur la base d’une appropriation sociale des moyens de production qui peut prendre diverses formes – cette logique doit aujourd’hui intégrer la protection des biens communs de l’humanité.

Autogestion : de quoi s'agit-il ?

Catherine Samary (*)

Article publié le 22/01/2010
Débat organisé par le « Collectif Anticapitaliste » de Besançon le 4 octobre 2009


En peu de temps, je voudrais répondre aux questions soulevées, en regroupant les enjeux en deux points :
1) L’autogestion, un projet socialiste : de quoi parle-ton ? Et quelques pistes...
2) L’autogestion contradictoire avec le capitalisme mais appui de luttes contre lui...


I- L’autogestion, un projet socialiste.
Les mots pouvant recouvrir des réalités ou interprétations différentes, il faut commencer par clarifier de quoi on parle si l’on veut éviter les faux-débats et appro-fondir la réflexion. Il faut clairement distinguer :
- L’autogestion (n°1), comme principe donnant droit pour chaque individu de pouvoir gérer (être responsable de) tout ce qui le/la concerne associé à un projet émanci-pateur radical ; Mais cela ne dit pas comment se concrétise ce droit principiel, sauf qu’il est un droit humain géné-ral, donc forcément contradictoire avec l’exploitation des salariés qui n’ont aucun pouvoir de gestion de leur travail dès lors que l’économie est basée sur les droits de propriété privée du capital... C’est pourquoi aussi l’autogestion est associée au socialisme que l’on peut aussi « entendre » au sens n°1 d’un système mettant à l’ordre du jour la pleine et universelle responsabilité des êtres humains sur leur travail et la façon de satisfaire les besoins... Mais cela ne donne toujours pas de réponse concrète sur le mode d’organisation de l’économie et de la démocratie, sur l’utilisation de l’argent, de la planification et du marché ; ni sur les différentes formes possibles de propriété...
- L’autogestion (n°2) est au contraire concrétisée dans la pensée (par exemple la conception anarchiste de l’autogestion, entreprise par entreprise, reliée par un marché) ou dans la pratique (les différents systèmes yougoslaves d’autogestion, combinant différemment plna, marché et autogestion + rôle du parti et des syndicats, etc...). Dans ce cas, l’autogestion est associée à un contexte historique précis et un « système institutionnel » (de plan, de marché, de propriété, de droits constitutionnels...) qu’il faut discuter en fonction des droits reconnus et du bilan.

La dictature du général Pinochet devant la justice à Paris

La Valise diplomatique
mercredi 8 décembre 2010
Franck Gaudichaud

Du 8 au 17 décembre 2010, plusieurs anciens hauts responsables du régime militaire dirigé par le général chilien Augusto Pinochet – treize Chiliens et un Argentin – seront jugés pour la détention et la disparition forcée de quatre franco-chiliens : MM. Georges Klein, Etienne Pesle, Alfonso Chanfreau et Jean-Yves Claudet. Un procès inédit.

« En dépit de la mort d’Augusto Pinochet, ce procès n’en sera pas moins celui, posthume, du dictateur chilien ainsi que de l’ensemble du système de répression mis en place [par les dictatures d’Amérique du Sud] (1). » C’est en ces termes que Maîtres William Bourdon, Claude Katz, Benjamin Sarfati et Sophie Thonon ont commenté la procédure devant la cour d’assises de Paris, la plus haute juridiction criminelle française.

« Nous attendons depuis très, très longtemps. Presque toute notre vie », témoignait, lundi 6 décembre, Mme Natalia Chanfreau, encore très jeune lorsque son père a disparu (2). Initialement prévu en mai 2008, le procès a été reporté une première fois par le parquet général. Certains militants des droits humains se sont alors interrogés : ce report sine die résultait-il de pressions politiques, comme à l’époque où Pinochet était encore en vie ? A l’époque, la justice évoque son souhait d’organiser un procès « irréprochable », en dépit de « difficultés rencontrées dans la délivrance des citations des nombreuses personnes résidant à l’étranger (3) ». Faire venir de plusieurs endroits de la planète des témoins directs liés aux quatre victimes – ainsi que des « grands témoins » internationaux (qui doivent permettre de mettre en contexte le jugement) – requiert en effet une logistique lourde (4). Mais l’absence de juges pleinement dédiés à cette affaire et le manque de volonté politique ne facilite pas la tâche.Le procès s’ouvre donc aujourd’hui, après plus de douze années de procédure. S’il est mené à bien, il forgera vraisemblablement un précédent historique, rendu possible par la mobilisation sans relâche des familles de victimes et d’organisations sociales chiliennes et internationales. Des décennies de lutte contre l’impunité, contre l’oubli et pour obtenir vérité et justice.

Rencontre Auto.Mobil.Crisis - Stuttgart 29 et 30 octobre 2010

Evelyne Perrin et Benoît Borrits *


Organisée par l'Institut Rosa Luxemburg et le Groupe parlementaire Die Linke, cette rencontre avait pour objectif de débattre de la crise du secteur automobile, de questionner cette industrie au regard des enjeux de l'écologie en permettant la rencontre de syndicalistes du secteur et d'organisations écologistes.
Le lieu même de cette rencontre n'est pas innocent. Stuttgart est une ville largement marquée par la présence industrielle de Daimler et le théâtre depuis des mois d'une lutte de la population locale contre le projet géant d'une nouvelle gare couplé avec d'autres aménagements en centre ville (Stuttgart 21).
Si l'ambition de cette conférence était internationale, force est de reconnaître que celle-ci regroupait essentiellement des participants allemands.


Position officielle d'IG Metall
Le ton de la conférence sera donné par la présentation de Hans-Jürgen Urban du Comité exécutif d'IG Metall, organisation syndicale allemande qui regroupe les travailleurs du secteur automobile.
Pour cette organisation, le pire serait de pratiquer la politique de l'autruche (« Business as usual ») et de s'en tenir à un rôle strictement défensif alors que le problème que l'industrie automobile va devoir affronter est de nature structurelle.