Introduction
L'association SOLAL (Solidarité Amérique Latine) - qui distribue le café « rebelle et zapatiste » du Chiapas en sud-Ardèche) – a accueilli du 14 au 16 septembre une délégation de peuples originaires du Mexique dans le cadre d'une tournée organisée par le réseau européen de solidarité « europazapatista ».
À cette occasion, une réunion publique a été organisée le mardi 15 septembre à La Bobine à Aubenas avec la participation de Sandra Luz López Girón du Centre de défense des droits humains « Frayba » (Chiapas) et Abel Sánchez Martinez du Congrès national indigène (CNI) (Oaxaca).
Cela a été l'occasion d'aborder la situation des peuples mexicains en butte à l'exploitation et à la domination sur leur territoire et d'évoquer leur projet politique d'autonomie, d'auto-détermination et d'« anti-pouvoir » vis-à-vis de l'État fédéral. Leur combat est celui d'une résistance à un modèle de domination post-colonial qui se perpétue et contre lequel les peuples indigènes tentent d'opposer un autre projet politique.
Vidéo 2 : La résistance et l'autonomie face au modèle de domination capitaliste
Intervention de Abel Sánchez Martinez du Congrès national indigène (CNI) de l'État de Oaxaca
Lors de cette réunion, Abel a présenté le Congrès national indigène et sa création en 1996 sur proposition de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) en présentant les grands principes. Il a rappelé les accords de San Andrès et la trahison de l'État fédéral qui a justifié le choix politique de l'autonomie. Abel a présenté le fonctionnement du Congrès national indigène (CNI). Il a rappelé la nécessité de se défendre dans la guerre capitaliste qui cherche à exterminer les peuples. Il a rappelé les disparitions, les assassinats et l'emprisonnement des militant.es en illustrant avec le cas de Jesús Plácido Galindo. Il a conclu avec la célébration des 30 ans du CNI en octobre prochain.
Vidéo 3 : La nécessité de s'organiser contre la répression
Intervention de Sandra Luz López Girón du Centre de défense des droits humains « Frayba » (Chiapas)
Sandra a évoqué les graves violations des droits humains dans la répression des résistances contre les méga projets extractivistes au Chiapas. Elle a également rappelé les cas de disparitions, d'assassinats et d'emprisonnement dans cet état. Elle a illustré son propos en évoquant des déplacements forcés de familles et des cas de torture. Elle a présenté le rôle de son organisation dans la défense des droits humains contre les différentes formes de répression. Elle a présenté le projet de « route des cultures Maya » imposé aux populations sans concertation qui détruit les cultures des peuples, la nature et les lieux sacrés. Elle a également illustré la répression à travers le cas de Antonio González Mendes disparu en 1999 et pour lequel la Cour inter américaine des droits humains a condamné l'État du Mexique. Elle a conclu avec le communiqué de l'EZLN du 9 août dernier appelant à une grande mobilisation nationale.
Vidéo 4
Débat avec la salle et conclusion
Les deux interventions très explicites de Abel Sánchez Martinez et de Sandra Luz López Girón sur la réalité du rapport de domination de l'État sur les peuples indigènes et la répression contre la résistance ont suscité différentes questions de la salle : les rapports entre les cultures, les peuples et les classes ; les conséquences du développement du tourisme pour les territoires ; l'intérêt des échanges internationaux entre les peuples pour s'inspirer de pratiques, etc.
La conclusion de SOLAL a rappelé la nécessité impérieuse de faire vivre l'internationalisme à travers des échanges sous différentes formes pour résister contre la domination capitalisme qui asservit les peuples et les classes dominées.

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